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Affaire de Pornic : quand l’Etat se condamne à l’impuissance…

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Affaire de Pornic : quand l’Etat se condamne à l’impuissance…

mardi 08 février 2011 par Patrick

Communiqué de presse FSU
Les Lilas, le 8 février 2011

Année après année et jusqu’au niveau inédit de la cure d’austérité du budget de l’Etat 2011, le Chef de l’Etat et le Gouvernement mettent à mal les services publics. Dans tous les secteurs (éducation, santé, emploi, culture, recherche, etc), la pénurie de moyens et de personnels s’accroît au détriment du service rendu.

Fleuron du « volontarisme présidentiel », la sécurité n’échappe pas à l’injonction paradoxale : « faire plus avec moins ». Mais le déni de réalité a ses limites et le chef de l’Etat s’est, cette fois, pris à son propre piège. Les gesticulations indécentes des derniers jours, jetant à la vindicte populaire les fonctionnaires et magistrats qui, faute de moyens, n’ont pu prendre en charge la situation du principal suspect de l’affaire de Pornic, ne permettent plus de masquer l’indigence et le délabrement des services judiciaires et pénitentiaires. La FSU condamne fermement ces déclarations tapageuses et irresponsables à l’heure à la douleur d’une famille devrait imposer à chacun la plus grande retenue.

La FSU n’accepte pas que le pouvoir actuel se défausse de ses responsabilités.

Chacun savait au sein des hiérarchies judiciaires et pénitentiaires, jusqu’aux différents Gardes des Sceaux qui se sont succédé, l’indigence de moyens donnés à la Justice pour fonctionner et surtout l’abandon perpétuel du « milieu ouvert », du suivi des peines alternatives, au profit d’une politique de l’enfermement systématique, de construction d’établissements pénitentiaires. Symbole de ces errements, le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Loire-Atlantique, dont le directeur et les personnels doivent aujourd’hui rendre des comptes, était contraint d’assurer le suivi de 3300 probationnaires avec des effectifs manquants de 10 « équivalents temps plein ».

Pour seule réponse aux alertes maintes fois répétées, le directeur inter-régional des services pénitentiaires indiquait : « Les difficultés en matière de ressources humaines au sein du Ministère de la Justice nous imposent d’opérer des choix en terme de répartition des effectifs, ne permettant pas de satisfaire totalement les besoins exprimés par chaque chef de service. Aujourd’hui, c’est l’ensemble des services d’insertion et de probation et les établissements qui se trouvent en sous-effectif, alors que la loi pénitentiaire vient ajouter de nouvelles missions et compétences. ». A chacun d’en prendre son parti et de « fonctionner » sans faire de vague... En novembre 2010, Michèle ALLIOT-MARIE, alors Ministre de la Justice, appelait ainsi les organisations syndicales à la « responsabilité face à la dette publique » alors même que la FSU via son syndicat national, le SNEPAP, l’alertait de la situation intenable des SPIP confrontés à des annonces budgétaires calamiteuses et une augmentation des prises en charge des mesures de probation en milieu ouvert de 35% en 5 ans ! Depuis lors, la seule « réponse » en terme de moyens se décline au sein des 7 mesures opérationnelles annoncées conjointement par les ministres de la Justice et de l’Intérieur : le recours à des personnels retraités des services judiciaires et pénitentiaires !

Dans ce contexte, la FSU dénonce la provocation qui consiste à mettre en cause les personnels du SPIP de Loire-Atlantique ainsi que les fonctionnaires et magistrats du Tribunal de Nantes, qui n’ont eu pour seul tort que d’essayer d’assurer le fonctionnement du service public de la Justice dans un contexte de pénurie organisée et récurrente.

La FSU affirme sa pleine solidarité avec les personnels mis en cause et au-delà, avec l’ensemble des fonctionnaires et magistrats du Ministère de la Justice profondément touchés et indignés par cette affaire.

Mobilisée pour la défense de tous les services publics dans toute leur diversité, la FSU appelle à une large journée d’action ce jeudi 10 février, avec pour la Justice des rassemblements interprofessionnels devant les tribunaux et une manifestation du Tribunal à la Préfecture de Nantes.

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