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CSE du 8 décembre 2011 : déclaration de la FSU

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CSE du 8 décembre 2011 : déclaration de la FSU

jeudi 08 décembre 2011 par Patrick

Ci-dessous la déclaration FSU pour le CSE. Une déclaration commune intersyndicale ayant été lue sur les textes évaluation des enseignants (communiqué de presse intersyndical), plusieurs organisations ont décidé de ne pas intervenir (SE UNSA, SNALC, …).
Dans un souci unitaire, nous avons donc décidé de ne pas lire la première partie de la déclaration et avons commencé la lecture à « Nous considérons que ce projet… ». La partie ici en italique n’a pas été lue.

Le Ministère a communiqué fin novembre aux organisations syndicales les projets de textes concernant l’évaluation des enseignants. Le ministre, confronté à une opposition forte de la quasi-totalité des organisations, à une mobilisation importante des personnels concernés avec la signature massive de la pétition unitaire et la préparation de la grève unitaire du 15, cherche à manoeuvrer : les textes ne seraient pas définitifs, ils n’auraient pas dû « fuiter », une concertation aurait été prévue. Personne ne s’y trompe, c’est bien la mobilisation très forte qui contraint le ministère à ces déclarations, qui l’a amené à modifier des articles pour que des promotions soient organisées entre 2012 et 2015, contrairement à ce qui était prévu, et maintenant pour faire croire à un retour d’un rôle des inspecteurs pédagogiques dans le second degré.

Mais sur le fond, comme l’a montré la déclaration commune, rien ne change.

Nous contestons la vision très ultra libérale et managériale de M. le ministre qui affirme « qu’il faut un patron dans un lycée ou un collège » et que « c’est important que le chef d’établissement ait un rôle prépondérant » dans l’évaluation des enseignants.

La notion de « patron » est très connotée et bien différente de celle de chef d’établissement, dans notre conception du service public où les enseignants, co psy et CPE sont des fonctionnaires concepteurs et non des applicateurs.

Ce n’est pas, pour nous, faire injure, dans le second degré, aux chefs d’établissement dont nous reconnaissons l’importance, que de considérer qu’ils n’ont pas compétence, pour évaluer le cœur du métier, c’est-à-dire la capacité de l’enseignant à transmettre compétences et connaissances dans sa discipline.

Ce qui deviendrait de fait premier, avec cette réforme, ce n’est plus ce cœur du métier, mais tout ce qui est périphérique à l’acte d’enseigner. Cela changerait le sens du métier d’enseignant mais aussi le rôle de l’Ecole envers les élèves. Cela inciterait les enseignants à privilégier ce qui se passe en dehors du cours (et qui n’est nullement à négliger) et à minorer ce qui se passe dans la classe alors que c’est en son sein que se joue l’essentiel des réussites des élèves.

La FSU conteste que le ministère refuse de dissocier évaluation et progression de carrière. Au contraire il place cette progression de carrière dans les mains du seul IEN dans le premier degré et du seul chef d’établissement dans le second, puisque les bonifications seraient de leur seul ressort. Même si la CAPA doit donner son avis, nous voyons bien déjà aujourd’hui toutes les difficultés lors de l’accès à la hors classe de discuter en CAPA des avis des chefs d’établissement.
Qui peut penser que la bonification attribuée par le seul supérieur hiérarchique ne serait pas pour certains l’occasion « d’amicales demandes » : pour assurer des taches supplémentaires en dehors des obligations statutaires ou davantage d’heures supplémentaires par exemple.

Qui ensuite oserait faire part à son supérieur hiérarchique des difficultés que tout un chacun peut rencontrer avec une classe ?

Cela mettrait les personnels directement en concurrence au sein même de leur établissement ou école ! Ce qui serait profondément néfaste puisque faire réussir les élèves nécessite au contraire des solidarités et du travail en équipe, travail en équipe qui est aussi un outil essentiel de progrès pour chaque enseignant dans le cadre des ses pratiques professionnelles.

Nous considérons que ce projet est tout à fait en phase avec les réorientations de la politique éducative que nous dénonçons par ailleurs (orientations scolaires, suppressions de postes, transformations des modes de gestion, …) et sur lesquelles nous ne reviendrons pas aujourd’hui.

Si l’objectif du ministère était vraiment l’amélioration du service rendu aux usagers et donc la réussite des élèves, il aurait amélioré la formation initiale et continue des enseignants, il aurait laissé les missions d’inspections aux inspecteurs, inspections qui seraient alors vraiment devenues des évaluations formatives, sans notation, il favoriserait le travail en équipe et la concertation. Mais le projet est au contraire piloté par une volonté de mise au pas des collègues. Il entend faire des enseignants non plus des fonctionnaires concepteurs mais seulement des applicateurs de décisions prises ailleurs.
Pour cela son projet est une attaque en règle contre le statut de fonctionnaire qui garantit indépendance, responsabilité et égalité des personnels, statut permettant la sérénité des personnels devant leurs missions et l’efficacité du service public.

Ces projets rencontrent l’opposition de tous car ce n’est pas en mettant les personnels en concurrence que l’on améliorera le système, ce n’est pas en donnant un pouvoir de rétorsion supplémentaire aux chefs d’établissements que l’on améliorera le climat déjà fort dégradé dans un certain nombre d’établissements, ce n’est pas en éloignant le métier de l’appropriation de connaissances et compétences par les élèves, qu’on améliorera la réussite de ces derniers.

Le ministère doit entendre la profession, retirer ces projets de textes et ouvrir des négociations sur des bases totalement différentes.

C’est parce que le projet sur l’évaluation est significatif d’une orientation générale, que nous portons dans les débats et dans l’action la contestation de la dégradation des conditions de travail des personnels et d’études des élèves et des propositions pour une école de la réussite de tous, avec un autre budget, une autre politique salariale, une autre conception de la gestion des personnels et du fonctionnement du système éducatif.

L’actualité nous amène enfin à dire quelques mots sur le dossier formation et recrutement des enseignants :

La commission des affaires culturelles et de l’éducation a hier adopté le rapport Grosperrin, alors que celui-ci n’a pas fondamentalement changé puisqu’il contient toujours, entre autres, les propositions de suppression du concours externe de l’agrégation et le remplacement dans quelques années des concours de recrutement d’enseignants par les masters. La FSU continue à dénoncer les propositions contenues dans ce rapport.

Le conseil d’Etat vient de donner raison aux syndicats qui avaient déposé un recours contre l’arrêté du 12 mai 2010 fixant les compétences à acquérir par les enseignants et CPE stagiaires. Le ministère de l’Education nationale doit en tirer les conséquences, ouvrir les négociations demandées par le Conseil d’Etat et revenir aux conditions de service et de formation antérieures pour les stagiaires.

Enfin comment ne pas constater la chute du nombre de candidats-es à nombre de concours de recrutement. C’est là à la fois le résultat d’une réforme du recrutement et de la formation des enseignants catastrophique, d’une dévalorisation du métier d’enseignant et d’une aggravation des conditions d’enseignement que les jeunes perçoivent.

La FSU continue à demander l’abandon de la réforme de la FDE et la remise à plat de l’ensemble du dossier, ainsi qu’une revalorisation de l’ensemble des métiers de l’enseignement (y compris par exemple le passage en catégorie A des infirmières et assistantes sociales). 

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