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Conseil Supérieur de l’Education du 19 janvier 2012, intervention préliminaire de la FSU

Le mois de janvier étant traditionnellement celui des vœux, je voudrais simplement, au nom de la FSU, souhaiter à toutes celles et ceux qui ont au cœur le service public d’éducation, une excellente année 2012. Je me dispense de détailler ici et laisse chacun décliner cette excellence.

Comme chacun ici, j’ai pris connaissance des vœux du président de la République au monde de l’éducation, et je me permets quelques commentaires à propos de ce discours.

« Cette crise, profonde, est une crise de civilisation, une crise morale, une crise qui interroge, profondément, tout à la fois nos façons d’être et nos façons de penser », dit le président en introduction. On se plait alors à penser que l’effet salutaire de cette crise est qu’elle ouvre sur une remise en question des orientations, notamment sur les questions d’éducation, qui en particulier depuis 5 ans, mettent à mal le système éducatif Français. On se dit qu’il va être mis fin aux suppressions massives de postes dont on mesure mieux chaque année les méfaits :

  • Progressivement elles minent les écoles, collèges et lycées en gonflant les effectifs des classes, en affaiblissant le potentiel de remplacement, en multipliant les affectations sur 2 voire 3 établissements.
  • Elles contraignent à une multiplication d’heures supplémentaires qui plus est défiscalisées, un choix obstiné et sans pertinence économique, cette multiplication assumée par ce ministère, ne pouvant que nuire à la qualité de l’enseignement dispensé. Elles amputent petit à petit tout ce qui faisait que l’école parvenait tant bien que mal à faire face à la crise scolaire et sociale, à lutter contre l’échec.
  • Elles ont le double effet, dans un premier temps de laisser sur la touche des milliers d’étudiants suite aux diminutions de recrutements, et ensuite de décourager les vocations, jusqu’à assécher le potentiel de candidats aux métiers de l’enseignement.
  • Elles obligent à recruter en grand nombre des enseignants non titulaires mal traités, mal formés, mal rémunérés.

On espère aussi que toutes ces réformes contestées vont être réexaminées, que le sens va changer, que l’avis des personnels et des usagers va enfin être pris en compte.

Or le discours qui suit n’est qu’une succession de satisfecits, d’auto congratulation, et de projets de la même veine que ceux qui nous sont servis depuis 5 ans : l’enseignement supérieur et la LRU, les performances des élèves à l’école primaire, l’accompagnement éducatif, les internats d’excellence, la réforme de la voie professionnelle, rien à jeter, rien à remettre en cause. Et il faut aller plus loin en s’attaquant au collège, sur la base d’analyses partiales et partielles, pour le dénaturer et le mettre en cause comme lieu de scolarité commun à tous les jeunes, en réinstaurant un palier d’orientation en fin de 5e. Aller plus loin dans la mise en cause du statut des enseignants et des règles nationales du service public d’éducation, en continuant à développer les recrutements locaux, sur le mode ECLAIR. Aller plus loin avec une alternance obligatoire en dernière année de bac pro et en CAP. Le tout avec la priorité de redéfinir le métier d’enseignant et cela passe entre autres par un projet d’évaluation qui en change le sens profond et par l’alourdissement des charges de travail. Le président ne saurait nous tromper avec l’objectif maintes fois entendu de revaloriser les enseignants, revalorisation qui (je cite) « sur le plan matériel, a déjà commencé ». On avait plutôt perçu une succession d’années blanches en termes de revalorisation salariale, hormis certes les tous premiers échelons. Quant à la revalorisation des personnels administratifs, ouvriers, sociaux, de santé, etc. elle est toujours en attente !

Donc, les façons d’être et de penser qu’interroge cette crise, ce sont certainement celles des autres, mais pas celles du président, de ce gouvernement et de ce ministère. Si (je cite) « l’éducation et la recherche constituent pour la France un formidable moyen de reprendre son destin en main », ce sera avec moins d’enseignants et de personnels et plus d’élèves par classe. Et un service public d’éducation désigné comme responsable du chômage : « Un diplôme qui ne débouche pas sur un emploi ne mérite pas le nom de diplôme » et je cite encore : « S’il y a moins de jeunes au chômage en France qu’en Allemagne, c’est parce qu’il y a moins d’alternance en France qu’en Allemagne ». Le seul échec assumé serait donc l’incapacité à développer l’alternance !

La FSU a d’autres projets et une tout autre analyse de la politique éducative conduite depuis 5 ans. Elle n’accepte pas la nouvelle vague de suppressions de postes qui se profile avec la préparation de la rentrée 2012, comme elle continue à refuser le projet d’évaluation des ensignants. Pour ce qui concerne le projet de loi déposé par le député Grosperrin, qui propose ni plus ni moins que la disparition des IUFM et la possible concession de la formation des enseignants à des officines privées, la FSU se fait d’ores et déjà l’écho du rejet massif de cette nouvelle attaque du député UMP du Doubs ; elle demande aux députés de ne pas voter cette loi.

Tout cela, la FSU et ses syndicats de l’EN le diront tout au long de ce 2e trimestre, dans les 101 actions de grève et de manifestation dans le 1er degré, comme dans la grève et la manifestation nationale du 31 janvier, dans le second degré.

Bonne année 2012 au service public d’éducation.


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