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Haïti : la FSU engagée dans une coopération active

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Haïti : la FSU engagée dans une coopération active

jeudi 19 mars 2015
Suite au séisme de 2010, la FSU s'est engagée avec Solidarité Laïque dans une coopération de trois ans avec des organisations haïtiennes. Le second volet de ce projet centré sur l'Education vient de débuter.

La FSU est l’un des 51 membres de Solidarité Laïque, avec d’autres organisations syndicales, mais également des mutuelles, des fondations, des associations travaillant dans l’Education...

Le projet

Le projet PROCEDH (Programme Collectif pour le développement de l’Education et du Dialogue social en Haïti) a, dès sa première phase (2011-2014) adopté un fonctionnement original, avec un travail commun de deux équipes, l’une constituée d’organisations françaises, l’autre d’organisations haïtiennes. La seconde édition, qui débute, adopte le même principe :
côté français : GREF, FRANCAS, FSU, MGEN, Réseau Education et Solidarité ;
côté haïtien : syndicats CNEH, FENATEC, et UNNOH, associations APROFH (PROfesseurs de Français), CEDAJ (Appui à la Jeunesse), UPEPH (Parents d’Elèves).
Tirant le bilan de la première édition, le projet comporte maintenant deux grands axes (plaquette de présentation disponible par ce lien) :
l’un territorial, visant à faire émerger un dialogue continu de la communauté éducative et la réalisation de projets concrets pour améliorer la qualité de l’Education ;
l’autre national, avec un volet concernant le plaidoyer, un autre concernant le renforcement de capacité des organisations haïtiennes.
Ce projet, financé à 50% par l’Agence Française de Développement, à la fois multi-thématique, multi-acteurs, régional et national, se distingue donc par sa complexité et par sa grande ambition : mettre en place de nouvelles structures pour laisser les partenaires haïtiens inventer les solutions qui conviennent le mieux. L’exact inverse de ce qui est souvent reproché aux ONG. C’est ce qu’explique Martine Prinston (association APROFH) : « Les acteurs sont volontaires et s’impliquent vraiment pour une cause, alors qu’en général, quand les ONG viennent en Haïti, on recrute des salariés, qui font le travail mais ne sont pas nécessairement très impliqués. »

Une organisation originale, des objectifs ambitieux, des apport concrets

La plate-forme originale de travail constituée depuis trois ans a démontré la possibilité et l’intérêt d’un travail commun entre acteurs n’ayant pas l’habitude de ces pratiques. Ainsi, Lourdes Edith Delouis (CNEH) note « le projet nous a inculqué la culture d’être ensemble pour un travail commun pour le bien du système ; la CNEH est un réseau, nous allons tirer les leçons de ce travail en équipe », de même que René Prévil Joseph (FENATEC) « le volet sur le dialogue social permet de dégager ensemble une sorte de culture de tolérance ».
« Le projet développe une sorte de campagne qui est totalement différente par rapport aux autres organisations travaillant dans le domaine de l’Education, pour essayer de dégager ensemble une vision claire et partagée », résume René Prévil Joseph.
Au-delà de l’organisation, Mona Bernadel (UNNOH) souligne également l’importance du cœur du projet : l’amélioration la qualité de l’Education. « Ce qui est intéressant dans ce projet, c’est d’abord le thème : qualité de l’Education et dialogue social. La qualité de l’Education, c’est important pour donner un bagage intellectuel, mais c’est aussi former le citoyen haïtien, capable de comprendre sa culture et s’intégrer à part entière dans le monde. Or le niveau actuel de l’Education en Haïti ne permet pas à un haïtien de s’identifier comme tel, de se prendre en charge, d’interagir et de se mettre ensemble avec les autres haïtiens. »
Analyse partagée par Martine Prinston (APROFH) : « Nous avons notre vision de l’Education, de la société haïtienne. Ce projet est l’occasion de la partager avec les autres acteurs haïtiens, et avec la communauté internationale. »

Les organisations syndicales, dans ce cadre, dépassent les divergences et les tensions pour se lancer dans de nouveaux projets concrets visant à l’amélioration de la qualité de l’Education et à l’établissement d’un cadre de dialogue social. C’est ce qu’exprime Mona Bernadel (syndicat UNNOH) : « les organisations syndicales haïtiennes ont souvent des différences politiques, cela crée des tensions ; mais à l’intérieur de ce programme, nous sommes trois, nous parvenons quand même à nous asseoir ensemble, à définir des projets et des objectifs communs. C’est très positif pour nous, c’est cela qui nous intéresse vraiment et qui va être très bénéfique pour notre organisation ».

L’engagement des organisations haïtiennes

Les organisations haïtiennes, très motivées par le projet, entendent y apporter chacune leur contribution :
« Nous n’avons pas de moyens financiers mais des ressources humaines, des compétences, des qualifications » (FENATEC) ;
« Nous comptons apporter notre détermination et notre disponibilité » (UNNOH) ;
« Nous allons apporter notre expérience de terrain et notre capacité à mobiliser les personnes » (CNEH) ;
« Nous avons notre vision de l’Education, de la société haïtienne ; ce projet est l’occasion de la partager avec les autres acteurs haïtiens, et avec la communauté internationale ».

Le rôle de la FSU

La FSU est donc particulièrement concernée par le soutien des trois organisations syndicales haïtiennes impliquées dans le projet, toutes affiliées à l’Internationale de l’Education.
Lors de la mission en Haïti mi-février 2015, ces organisations syndicales ont fait part d’un besoin de renforcement en communication et en syndicalisation.
Un travail commun est ainsi prévu pour élaborer un guide syndical qui recensera les droits des personnels de l’Education et sera utilisé dans les établissements comme vecteur de syndicalisation.
A ce travail intersyndical s’ajoutera un soutien à la réalisation de bulletins syndicaux d’information.

Propos recueillis auprès de :
René Prévil Joseph - Président de la FENATEC (Fédération Nationale des Travailleurs de l’Enseignement et de la Culture) ;
Martine Prinston – professeur de français – Présidente de l’APROFH (Association des professeurs de français d’Haïti) ;
Mona Bernadel – professeur d’histoire géographie - membre du bureau exécutif national, secrétaire des affaires juridiques, responsable des questions de genre de UNNOH (Union Nationale des Normaliens d’Haïti) ;
Lourdes Edith Delouis – Secrétaire Générale de la CNEH (Confédération Nationale des Enseignants d’Haïti).

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