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Laurence Devillers, Université Paris-Sorbonne, Limsi-CNRS

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Laurence Devillers, Université Paris-Sorbonne, Limsi-CNRS

lundi 23 mai 2016
Depuis les automates de Descartes en passant par 2001 l’Odyssée de l’Espace de Kubrick, l’intelligence artificielle (IA) reste un sujet de fantasmes et d’inquiétudes dont la raison humaine essaie tantôt d’exalter les applica- tions, tantôt d’exagérer les risques potentiels.

La revue "POUR" a recueilli le point de vue de Laurence Devillers, Professeure
à l’université Paris-Sorbonne et chercheuse au Limsi [1]
Ses recherches portent sur les interactions homme-machine.

La récente victoire d’Alpha Go sur l’homme préfigure-t-elle des robots de plus en plus autonomes ?
Elle relance les questionnements sur les promesses et les risques de l’avènement de machines intelligentes. Pourtant, cet exploit ne doit pas fausser notre vision de ce dont seront capables les robots. Ce sont des machines artificiellement intelligentes grâce à des modèles informatiques et des algorithmes d’apprentissage conçus par des humains. Mais il demeure très difficile pour un robot d’apprendre en expérimentant le monde, car il n’a ni instinct ni intentions pour prendre des décisions. La machine ne sait pas construire de façon autonome des représentations nouvelles devant une nouvelle tâche. En revanche elle peut imiter l’humain.

Peut-on imaginer un jour des humanoïdes vivant à nos côtés ?

Les programmes sophistiqués d’intelligence artificielle rendront les machines de plus en plus autonomes. A terme, elles pourront accomplir des actions impossibles pour l’homme et certaines seront humanoïdes afin d’évoluer plus facilement dans notre habitat. Et pour peu qu’on les ait programmées pour détecter et reconnaître des indices émotionnels et conversationnels, voire faire de l’humour, elles pourront même sembler chaleureuses. Cependant, elles ne seront pas pour autant capables de sentiments, de créativité et d’imagination tel qu’on l’entend pour les humains. Les robots ne ressentent rien, n’ont pas de conscience, même s’ils peuvent dire «  je t’aime  »  !

Cela ne risque-t-il pas de modifier considérablement notre société ?

Les robots et objets connectés vont intégrer nos foyers, tout comme les téléphones portables et les téléviseurs. Nous avons déjà des aspirateurs capables de reconnaître des obstacles et se déplacer de façon autonome et bientôt nous pourrons parler à des robots assistants. Avec le vieillissement de la population ces robots pourront nous être très utiles à domicile et de nombreuses applications pour la santé, la sécurité ou le divertissement sont envisagées. Il faut exploiter ces capacités, sans en avoir peur, pour notre bien-être dans la société.

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