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Le partenariat entre le Mouvement des femmes de la CSA et la FSU

mardi 20 mars 2018

Rappel historique du partenariat et attentes de la CSA
Il s’agit d’un atelier de renforcement de capacités organisé dans le cadre de la coopération au développement entre le Mouvement des femmes de la CSA et la FSU, avec le soutien financier de Solidarité laïque.
Ce partenariat a démarré en 2012 à l’initiative de l’ancienne présidente du Mouvement des Femmes de la CSA.
Si cette coopération se poursuit au fil des ans, c’est parce qu’elle produit des résultats tangibles, souvent davantage que les résultats attendus tels qu’inscrits dans le projet. Les termes de références sont définis par le bureau du mouvement des femmes. La FSU valide en fonction des compétences qu’elle peut mettre à disposition du projet et propose ensuite des activités pour y répondre, en déclinant à chaque fois sous forme d’exposés théoriques complétés par des groupes de travail participatifs.
L’objectif global de ces ateliers est de promouvoir le leadership féminin dans les syndicats. Ainsi, l’atelier qui s’est tenu en 2015 avait comme fil conducteur l’accès des femmes aux instances de décision et de représentation dans les instances de la CSA. Ce travail avait abouti à des propositions de modification des statuts et du règlement intérieur : écriture égalitaire et intégration d’un quota de femmes, en visant à terme la parité. Mises en confiance par cet atelier, 5 femmes ont brigué un poste de responsabilité dans leur syndicat et y ont été élues, y compris au poste de secrétaire.
Un autre enjeu de ces ateliers réside dans la mise en place d’un travail de démultiplication de l’activité dans les régions respectives des femmes qui bénéficient de l’atelier initial. C’est en effet à ce prix que les femmes se syndiqueront davantage, quel que soit leur secteur d’activité, et que les militantes prendront la place qui leur est due dans les instances.

Présentation de l’atelier d’octobre 2017
Pour agir efficacement, les militantes doivent posséder une expertise technique, connaître les mandats de leur organisation. Pour cela, il leur faut aussi connaître les droits législatifs et syndicaux afin d’agir en conformité avec les textes qui encadrent leur activité, afin qu’elles puissent en user en toute connaissance de cause, veiller à ce qu’ils soient respectés, voire revendiquer davantage de droits le cas échéant. Connaître leurs droits leur permet aussi de mieux se situer dans un rapport de force avec l’employeur et dans un renforcement de capacités de l’OS.
Cette formation a réuni des femmes syndicalistes en responsabilité, locale ou nationale, au sein des différents secteurs de la CSA , du formel et de l’informel. Originaires de 6 régions différentes, elles seront ainsi à même de participer à la démultiplication de l’activité auprès d’autres militantes.

Les objectifs de cette action étaient pluriels :
Outiller les femmes pour leur permettre de mieux exercer leurs fonctions de militantes. Identifier et analyser les difficultés pour mieux les surmonter en lien avec la question des stéréotypes, de l’organisation de leur travail et du droit syndical.
Connaître et utiliser les textes législatifs concernant le droit syndical.
Être force de proposition au sein de la CSA, en tant que Mouvement des Femmes, pour faire évoluer les mandats et porter des revendications spécifiques.

Activités réalisées
Rappel sur les stéréotypes
Le cercle vicieux entre inégalités, discrimination et stéréotypes dans le cadre personnel, familial, professionnel. Les participantes ont trouvé de nombreux exemples pour l’illustrer. Elles ont également convenu que chacune devait être vigilante pour ne pas s’y soumettre et surtout empêcher qu’il se développe.
Les activités militantes
Les participantes listent l’ensemble des activités qu’elles ont à réaliser. Faire ainsi l’inventaire de toutes ces tâches relève d’une véritable prise de conscience qui agit sur l’estime de soi des participantes. Elles n’avaient pas conscience de la diversité et de l’importance de ces activités.
Elles constatent également l’exigence d’une expertise pour mener ces activités et concluent à la nécessité d’y être formées, d’une part, et d’y consacrer un temps dédié d’autre part. De ces constats, on détermine ensuite qu’il est nécessaire de bénéficier, voire de revendiquer différents droits afférents : droit de se syndiquer, d’avoir une légitimité dans l’OS, de faire grève, de disposer de conventions collectives, de se réunir, de définir une stratégie, de communiquer par différents médias sur les activités, plaidoyers, mobilisations,...

Connaissance du droit syndical (international, français et sénégalais)
Connaissance du droit syndical : international, français et sénégalais par une comparaison, prise de conscience des différences, des droits à gagner, de ceux à mieux utiliser
Présentation de l’origine et l’histoire du droit syndical au niveau international puis des grandes dispositions législatives en France.
Nous avons ensuite puis pu confronter les pratiques et constituer des outils pour un accès plus large aux droits par les moyens syndicaux concrets mis à disposition, découlant des textes législatifs.
Ont été enfin présentés les grands textes législatifs Sénégalais et apportées des réponses aux nombreuses interpellations des militantes sur les droits des agent.es, en terme syndicaux, puis en comparaison avec les droits acquis en la France et sur ce qu’il est possible de revendiquer pour les militantes du mouvement des femmes en vue de l’acquisition de droits nouveaux ou d’un élargissement de ceux déjà acquis.

Concilier vie militante/professionnelle/personnelle
En s’appuyant sur le livre du chantier travail de la FSU, « Syndicaliste : C’est quoi ce travail ? Militer à la FSU », a été abordée la question des freins au militantisme et notamment celui de la conciliation entre vie personnelle et vie militante. Les participantes ont pu exprimer la difficulté à déconstruire ces stéréotypes dans la vie quotidienne. Elles ont ainsi abordé de manière très honnête et confiante les obstacles qu’elles rencontraient et les conciliations qu’elles devaient accepter face à leur mari ou la famille élargie pour pouvoir prendre du temps militant sur leur vie familiale.
A partir de ces témoignages, les participantes ont pu réfléchir à de nouveaux droits à réclamer au syndicat, mais aussi aux conditions indispensables à instaurer pour que ce soit plus facile de militer.
Chacun de leurs témoignages sur la manière dont elles concilient vie militante et vie privée, parfois très intimes, ont été filmés permettant ensuite la réalisation d’une vidéo.

Comment concilier vie militante et vie privée _ from FSU on Vimeo.

Comment avancer sur les droits syndicaux ?
Après avoir réfléchi sur la législation et sur la manière de militer, la dernière activité proposée avait pour but de pointer les avancées concrètes qui seraient en mesure d’améliorer le travail syndical. Pour ce faire , nous nous sommes appuyées sur un document émanant du CESE
Les participantes ont examiné les recommandations, les ont validées, puis ont fait des propositions s’inscrivant dans chacun des chapitres afin d’ajouter des pistes propres à la situation au Sénégal. Le document final a vocation à être proposé à la CSA afin qu’elle porte ces demandes auprès des autorités.

Traces des activités

  • Le 4 pages Jigeen ni jog jotna (en PJ)
  • Vidéo sur la thématique de la conciliation des 3 espaces de vie (en PJ)

Les enseignements retirés
L’atelier a été un grand moment de partage et d’échange d’expérience aux dires des participantes et a permis de leur donner des clefs de réflexion et de connaissance sur les droits et les moyens dont elles disposent pour militer. Les différentes formes d’animation de l’atelier et l’appui de documents riches ont été très appréciés et ont apporté une dynamique reconnue par toutes, y compris les intervenantes.
Les prises de parole autour des pratiques militantes a permis de donner libre cours à des témoignages sur la difficulté à concilier vie privée et vie militante ; c’était, de l’avis de toutes, le signe de la grande confiance qui s’était instaurée.
Le mouvement des Femmes est force de proposition par rapport à la CSA, c’est un rôle qui lui est reconnu.
Le besoin de formation est indispensable pour agir sur la déconstruction des stéréotypes et sur le recours aux textes législatifs
Ce type d’atelier permet de démontrer que le renforcement de capacités, à la FSU comme chez son partenaire la CSA, facilite une meilleure implication dans les structures syndicales.

Perspectives
Le souhait du Mouvement des Femmes de faire paraître régulièrement un numéro du 4 pages Jiggen ni jog jotna exige une formation spécifique à la rédaction d’articles, d’écrits syndicaux, et à leur mise en forme, afin d’autonomiser à terme la publication.
Un autre atelier, répondant aux préoccupations de communication, écrite et orale, de valorisation de l’action syndicale, est sollicité par les participantes.

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