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Le préfet des Pyrénées-Atlantiques poursuit pour outrage à représentant de l’État six citoyens « ordinaires »

mercredi 09 juin 2010 par Patrick

Communiqué FSU
Les Lilas, le 8 Juin 2010

Le préfet des Pyrénées-Atlantiques poursuit pour outrage à représentant de l’État six citoyens « ordinaires » qui, en 2008, s’étaient indignés dans un courrier électronique du placement d’enfants en rétention.

Leur procès aura lieu le 10 juin prochain à Pau.

Dans son courrier du 1er août 2008 adressé au procureur de la République, le préfet de ce département met en cause Jean-Jacques LE MASSON, secrétaire départemental de la FSU, en tant que « responsable de l’association Réseau Education Sans Frontières », sans le poursuivre directement.

Au-delà du fait que RESF n’est pas une association au sens administratif du terme et que ce réseau n’a pas de « responsable », toujours au sens administratif du terme, Jean-Jacques LE MASSON qui est un des fondateurs de ce réseau dans le département des Pyrénées-Atlantiques en est aussi un des porte parole et c’est en tant que tel qu’il a rapporté la violence avec laquelle s’était faite, le 16 juillet au petit matin, l’arrestation de la famille K., puis l’enfermement de deux enfants au centre de rétention administrative d’Hendaye où le plus jeune a « fêté » ses cinq ans.

Il faut rappeler que cette famille attendait son passage devant la Cour Nationale du Droit d’Asile.

Ces intervention avaient permis, au mois de juillet, que la famille ne soit pas expulsée. Elle est maintenant régularisée.

Ces arrestations impliquent l’enfermement d’enfants dans des centres de rétention administrative. C’est ce qui conduit des citoyens à exprimer leur indignation. Ils ne sont pas « incités » à s’exprimer. Ils s’adressent directement à RESF et ce sont eux qui, partout en France, réagissent contre des pratiques qu’ils jugent indignes des traditions de liberté et d’accueil de leur pays.

Comme beaucoup d’autres organisations, comme des personnalités qui n’ont d’ailleurs pas été poursuivies pour l’avoir fait, nous comprenons que des citoyens mis en présence de situations aussi dramatiques se traduisant par l’enfermement d’enfants se réfèrent à des heures sombres de l’histoire de notre pays et expriment leur révolte.

La FSU revendique la liberté pour tous de pouvoir s’exprimer, même en évoquant ces tristes périodes, même en utilisant le mot « rafle ». Le simple usage de ce dernier mot est en effet la seule raison de l’inculpation d’une des six personnes concernées.

La FSU rappelle que le ministre de l’immigration lui-même a reconnu à la radio, le 9 décembre 2009, que les forces de police pratiquaient des arrestations et des contrôles au faciès.

La Fédération syndicale unitaire s’inquiète de voir une interrogation citoyenne d’ordre général et impersonnel assimilée à un outrage envers un haut fonctionnaire. Questionner une politique au regard de l’Histoire est une démarche intellectuelle qui ne peut trouver son aboutissement devant un tribunal !

Elle refuse cette judiciarisation d’un questionnement citoyen comme elle refuse la criminalisation rampante de l’action militante dont le véritable but est d’empêcher que s’exprime l’opposition à cette politique et de briser tout élan de solidarité avec les migrants.

La secrétaire générale de la FSU exprime sa solidarité à Jean-Jacques LE MASSON, membre fondateur du réseau RESF 64 et secrétaire départemental de la FSU 64 qui sera témoin de la défense au procès. Elle apporte d’autre part le soutien de la FSU à l’ensemble des personnes inculpées.

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