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Madagascar au coeur des défis de la Francophonie syndicale

Europe - International

Madagascar au coeur des défis de la Francophonie syndicale

samedi 02 mai 2015
Le sommet de la Francophonie se tiendra sur la grande île fin 2016 ; la XVème Rencontre du Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation également. L’occasion de braquer les projecteurs sur un système éducatif à la dérive.

La FSU, très impliquée depuis longtemps dans le Comité Syndical Francophone de l’Education et de la Formation, a apporté sa contribution (aux côtés de la CSQ Québec, du SER Suisse, de l’UNSA Education France) à une mission syndicale visant à renforcer le syndicat FEKRIMPAMA, unique syndicat malgache affilié à l’Internationale de l’Education, en vue de la préparation de la XVème Rencontre du CSFEF.

Une situation politique, économique et sociale préoccupante

Le caractère insulaire, ainsi que l’absence de trouble majeur depuis plusieurs décennies, semblent paradoxalement la cause d’un désintérêt de la communauté internationale. Comment expliquer que le pays, le plus souvent en fin de classement pour le développement, figure également parmi les pays les moins soutenus par les bailleurs de fonds internationaux ?

Les troubles politiques de 2009, ainsi que la crise économique, continuent de produire leurs effets sur la population, extrêmement pauvre.

La corruption omniprésente, à laquelle s’ajoutent de très faibles prélèvements fiscaux des plus aisés, maintiennent l’Etat dans une grande faiblesse. Son budget, pour 22 millions d’habitants, n’atteint même pas celui de la communauté du Grand Lyon, qui compte seulement 1,2 millions d’habitant-e-s ! En conséquence, tous les services publics, infrastructures, santé, Education, se dégradent.

Les droits fondamentaux ne sont pas respectés, des manifestations sont interdites et des opposant-e-s politiques arrêté-e-s.

Dans ce contexte, et également en raison de taxes parfois prohibitives, les partenaires économiques étrangers finissent souvent par se décourager.

Des enseignants bien peu reconnus

Le système éducatif est structuré comme de nombreux autres systèmes d’Afrique francophone, calqués sur le système français.
Le secteur privé représente un peu moins de 20%.

Les « programmes d’ajustement structurel » ont conduit à recruter des enseignant-e-s titulaires d’un simple brevet (fin du 1er cycle du secondaire).

Même pour les nouveaux-elles enseignant-e-s sorti-e-s de l’Ecole Normale, la carrière commence par plusieurs années comme contractuel-le, avant intégration dans la Fonction Publique.

Le salaire de début de carrière est de l’ordre de 40 euros par mois, inférieur à celui d’autres fonctionnaires, montant qui place les enseignant-e-s en extrême précarité.

Le temps de présence en classe est de 27H30 dans le primaire, de 18H à 22H dans le second degré, selon le diplôme détenu (licencié, certifié, professeur concepteur). Dans la pratique, les enseignant-e-s sont appelé-e-s à effectuer de nombreuses heures supplémentaires, très faiblement rémunérées.

Les mutations sont opérées par clientélisme, il est difficile d’être affecté dans la capitale.

En cas de grève, le salaire est bloqué, mais lors de la reprise du travail, les salaires correspondant à la période de grève sont versés.

Le paysage syndical dans l’Education

De nombreux syndicats sont proches de partis politiques, ce qui alimente une image négative du syndicalisme.

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Quinze syndicats du secteur de l’Education viennent de signer un accord avec le ministère, prévoyant un rendez-vous mensuel de dialogue. Ce texte, sans réelle valeur juridique, comporte quelques formulations floues qui interrogent sur les objectifs poursuivis : « Les syndicats et associations signataires du présent protocole d’accord s’engagent à respecter la hiérarchie administrative en l’occurrence lors des prises de grandes décisions syndicales. »

Sur le terrain, le droit syndical est souvent remis en cause : distribuer un tract à la sortie d’un établissement, coller une affiche dans un établissement, peut mettre un militant en difficulté. Sans parler de l’appel à la grève ou à la manifestation.

Objectif : Sommet de Francophonie 2016 !

La XVème Rencontre du CSFEF se tiendra, fin 2016, au même moment que le Sommet des chefs d’Etat de la Francophonie. Pour les organisations syndicales francophones, ce sera l’occasion d’interpeller les chefs d’Etat sur les difficultés spécifiques des systèmes éducatifs francophones, et notamment leur manque chronique de financements.

Sous l’impulsion du syndicat FEKRIMPAMA et de son Secrétaire Général Jean Paul Emile Rakotozafy, un comité d’organisation de la XVème Rencontre du CSFEF vient d’être constitué. Cet événement, qui rassemblera fin 2016 à Antananarivo des délégués des syndicats de tous les pays francophones, et donc notamment d’Afrique, va être l’occasion, pour les syndicats malgaches, de trouver des relais médiatiques pour porter leurs revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignants et pour une meilleure qualité de l’Education.

Une coopération pour renforcer le syndicat FEKRIMPAMA

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La FSU a contribué à un atelier de renforcement de capacités de trois jours. Les 30 enseignant-e-s de tous âges, venus de 10 régions parfois éloignées, ont analysé les points forts/faibles du syndicat, et construit un plan d’action visant à renforcer la syndicalisation, pour une plus grande autonomie d’action. Des visites d’établissements, avec distribution d’un dépliant de présentation du syndicat, sont notamment programmées. Le syndicat va également systématiser des réunions-débats mensuelles sur des thèmes variés, droits des enseignants, utilité du syndicat... Un plan de communication utilisant les radios locales va également se mettre en place.

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