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Formation des enseignants

Pour la mise en place d’un observatoirede la Formation Des Enseignants, pourquoi ?

mercredi 11 décembre 2013 par Francois
La mise en place de la réforme de la formation des enseignants et CPE et l'ouverture des ÉSPÉ placent, dans toutes les académies, les étudiants, les formateurs et les autres personnels face à de nombreuses difficultés.


Certaines sont liées à la période transitoire et la mise en place dans l’urgence, d’autres sont liées à la conception même de la réforme.

La FSU, est depuis la rentrée très à l’écoute des personnels et des étudiant-e-s. Elle a recueilli de nombreux témoignages de formateurs et d’étudiants, et a souhaité faire le point sur ce dossier pour à la fois alerter le ministère et continuer de porter des proposions alternatives.

Rappel :

A la rentrée, la FSU a envoyé une lettre commune avec l’UNEF aux deux ministres concernés (MEN et MESR) (communiqué du 5 novembre 2013).

  • La FSU et l’UNEF avaient dénombré pas moins de 14 « catégories » différentes d’étudiants, pour lesquelles les universités et les rectorats ont adopté des règles et des dispositions très diverses. Force est de constater que la situation demeure bien souvent encore confuse trois mois après la rentrée.
    Plusieurs milliers d’étudiants, issus de licence ou de master, qui se destinent aux concours des métiers de l’enseignement et de l’éducation, se trouvent ainsi confrontés à de grandes incertitudes et à des difficultés, qui peuvent compromettre leurs chances de réussite. Certaines ESPE ont demandé des frais d’inscription prohibitifs. Les aides spécifiques pour préparer le concours ont été supprimées.
  • Le volume de formation a été réduit et les modifications des dates du concours 2014 exceptionnel a des conséquences néfastes sur sa préparation.
    Concernant les ESPE et la mise en place de ses structures (conseil d’école, statuts), tout s’est fait avec un calendrier extrêmement précipité et les premières élections ont été un déni de démocratie, à l’encontre des principes de représentativité (voir le communiqué du 15 novembre 2013.

Les personnels ont été souvent exclus de l’écriture des statuts. D’une manière générale, ils auront très peu de place dans les structures.

Le bilan des élections …

La FSU a écrit à écrit à Daniel FILATRE dès que celui-ci a été nommé président du comité de suivi des ESPE. La mise en place d’un comité de suivi a été une demande de nos organisations. Ce comité est maintenant en place, Il aura un rôle stratégique et d’orientation. Il observera et suivra le développement des ESPE. Il mènera une réflexion prospective, à partir de diagnostiques. Cela ne sera pas évident notamment parce que les accréditations des ESPE ont été globales et qu’il n’y a –structurellement – quasiment aucun moyen de contrôle sur les maquettes mises en œuvre dans les masters.

La FSU y est représentée par 2 membres et entend y jouer un rôle important pour notamment pour apporter les diagnostiques et obtenir un meilleur cadrage national et une meilleure prise en compte de ce que disent les personnels.
Les deux ministres ont fait lors de l’installation du comité de suivi des discours convenu :

Discours officiels :

G. FIORASO : ’grâce aux ESPE, la profession a retrouvé son attractivité et sa dignité. La confiance est revenue. Avec les EAP, on re-démocratise. On nous avait dit ’en un an, ce ne sera pas possible...’ et bien, on peut être fier de ce qu’on a fait !’

V. PEILLON : « on a beaucoup investi dans la formation (27 000 postes sur 55 000), on a essayé de rattraper les générations sacrifiées. On a 150% de M1 en plus, la preuve que ce n’était une crise des vocations. Les EAP, ne sont certes pas des IPES, mais on démocratise. Bien sûr, on a été trop vite, mais les fondations sont posées, ensemble on va réussir le changement. 1000 postes de formateurs prévus : les formateurs doivent aller plus dans les classes. Je ne veux pas qu’on enseigne des choses différentes dans les différentes ESPE. »

La FSU a une toute autre vision… et les témoignages qu’elle a recueilli montre que la réforme ne part pas sur de très bonnes bases !

  • La crise de recrutement n’est pas endiguée notamment dans le second degré et dans le premier degré (en région parisienne). (voir la fiche : 470 postes sont déjà perdus dans 10 disciplines des CAPES-T faute d’admissibles ; de très nombreux PE non remplacés en région parisienne). Les EAP ne jouent pas le rôle pré-recrutements que V.Peillon espérait qu’ils jouent.
  • Les EAP n’ont pas le succès escompté. 4000 recrutés sur les 10 000 postes ouverts au 1er octobre 2013.

Il faut des vrais pré-recrutements pour sécuriser les études et démocratiser réellement l’accès au métier.

  • La formation a baissé de 30% parce que les M2 ( à tiers –temps cette année) seront à mi-temps sur le terrain en M2. Difficile de faire mieux avec moins d’horaires. Avec ce tiers temps, les étudiants sont surchargés, les maquettes sont donc ajustées, toujours à la baisse.
  • De plus, des universités, pour cause d’austérité, sont obligées de réduire les maquettes.
    Cela ne peut se faire que de deux manières (nombreux témoignages) :
    • soit en alourdissant la charge de travail des personnels (on transforme des CM en TD, on baisse le nombre d’heures pour suivre un mémoire, etc..),
    • soit diminuant l’offre proposée aux étudiants (heures non faites, moins de visites, plus nombreux dans les groupes, etc…). Exemple : Nantes en SES : 100h prévues ne sont pas assurées faute de moyens en personnels (ESPE de Nantes a demandé 21 postes, tous refusés).
      • La conception des maquettes de master est très inégale, les disparités en termes de contenus et de volume horaire sont très importantes. Pour le moment, il y a aucune unité et équité de formation sur le territoire contrairement à ce que souhaite V.Peillon (L’écart est de 25% entre les maquettes professeurs des écoles affichant les horaires les plus et le plus bas.
        Il y a des écarts très grand pour une même discipline : Exemple de l’EPS ( horaire minimal : 30h- > horaire le plus haut : 100h) (= un rapport de 1à 3 !) (voir fiche)
  • les PLP …Les grands oubliés, tout comme les formations à petits effectifs. .la FSU a demandé au CNESER la carte des formations on ne l’a toujours pas eue.
  • Les 14 situations d’étudiant-e-s … Situation certes transitoire, mais il y en aura toujours au moins 8 « profiles différents ». Des étudiants collés au concours préféreront redoubler leur M1 tandis que d’autres préféreront passer en M2 pour avoir leur master le plus vite possible, pendant que les étudiants en reconversion déjà titulaires du master devront préparer le concours. Il faut trouver des solutions pérennes. Pré-recruter pour sécuriser les parcours est déterminant.
  • Le statut de la recherche très différent d’une ESPE à l’autre ; (1 fiche) Sa place, déjà mal installée, a été encore réduite des maquettes alors que le diplôme de master impose un travail de recherche. La recherche en éducation doit pourtant être en capacité d’irriguer le métier et de permettre aux enseignants de travailler sur leurs pratiques, leurs gestes professionnels, tout au long de leur carrière.
  • Les équipes pluricatégorielles de formateurs ne sont pas garanties. (témoignages) Selon les conventions signées, les formateurs de terrain interviennent plus ou moins dans la formation initiale. Le comité doit traiter la question de la place des formateurs de terrain dans les ESPE, de façon à ne pas les cantonner à un simple rôle d’accompagnement des stages et d’assurer une réelle formation intégrée articulant formation académique et professionnelle s’appuyant sur l’analyse réflexive des pratiques y compris dans la dimension recherche.
  • La formation continue n’est pour l’instant pas abordée. La loi prévoit pourtant que les ESPE ont la charge de cette mission. Le comité devra aussi aborder cette problématique, ainsi que celle de la formation à la prise de fonction (Dans le cadre des chantiers métiers, les missions des CPC ont été précisées. Ils doivent assurer l’accompagnement à la prise de fonction et pouvoir intervenir dans les ESPE)

La FSU a recueilli de nombreux témoignages, et elle va continuer. Avec la mise en place d’un observatoire, la FSU se dote d’un outil pour :

  • être à l’écoute des personnels et des étudiant(e)s
  • travailler à recueillir des statistiques fiables
  • alimenter les réflexions du comité de suivi
  • faire des propositions pour faire évoluer cette réforme
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