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Questionnaire FSU sur l’éducation prioritaire : les questions (...)

Éducation prioritaire

Questionnaire FSU sur l’éducation prioritaire : les questions ouvertes...

mercredi 11 décembre 2013 par Francois

Questionnaire FSU sur l’éducation prioritaire : les questions ouvertes...

Les réponses et contributions ont été très nombreuses. Les personnels ont des points de vue, des idées pour faire évoluer les choses et des revendications précises pour améliorer l’existant.

La lecture de ces centaines de réponses montre, bien évidemment, une grande diversité.

On peut néanmoins extraire dans ces avis et propositions des idées récurrentes et disons-le pas surprenantes

  • La priorité absolue des mesures proposées par les répondants est la réduction des effectifs des classes et le travail en groupes réduits. C’est LA mesure sine qua non pour viser l’amélioration des conditions de travail et d’études, et donc permettre l’entrée effective de tous-tes dans les apprentissages, et améliorer aussi le climat scolaire au sein des classes.
  • Très présente également la demande de possibilités de travail en équipe (pédagogique, pluriprofessionnelle), de concertation, avec du temps clairement dédié à ce travail.
  • La formation, initiale et continue est ressentie comme une nécessité, avec une double orientation : formation spécifique, méthodologique, pour être en mesure de faire face aux difficultés propres à l’éducation prioritaire ; formation disciplinaire, avec appui sur la recherche en didactique, permettant de garder des objectifs ambitieux pour tous. La formation doit concerner tous les personnels, et être de qualité.
  • Les relations avec les familles : nécessité de rencontres, de discussions, d’explication de ce qui est demandé par l’école ; les contributions décrivent un grand nombre de formes possibles pour ces rencontres : institutionnelles, informelles, conviviales… Cela demande (et mérite) du temps, car l’enjeu est fort.
  • L’accès des enfants et des jeunes de ces territoires à la culture dans sa richesse et sa diversité, est également pointé comme un défi qui concerne l’école, mais pour lequel elle doit pouvoir trouver des appuis (politique de la ville, collectivités locales, …), et des budgets qui font de plus en plus défaut.
  • Un travail serein avec « la hiérarchie » est une nécessité et une aspiration de très nombreux personnels. Les expériences sont à l’évidence très diverses. Il y a demande d’une rupture avec la « gouvernance » préconisée dans la période précédente.
  • Certains commentaires pointent des questions qui dépassent le strict cadre de l’école : la mixité sociale et scolaire, les questions de carte scolaire et de ghettoïsation, le sentiment d’impuissance face aux effets des inégalités sociales qui frappent particulièrement les territoires de l’éducation prioritaire.

Verbatim : quelques extraits des commentaires

Quelle est la mesure qui, selon vous, améliorerait sensiblement les conditions d’enseignement ?

« Les priorités me semblent être la diminution des effectifs par classe et l’abondement des DHG afin de pouvoir mettre en place des heures de concertation entre les enseignants et les différents acteurs éducatifs et pouvoir mettre en place des projets et actions de remédiation et d’accompagnement »

« Développement plus systématique de la co-intervention (que ce soit avec des enseignants du premier ou du second degré, y compris documentaliste, avec des assistants pédagogiques…) Chaque intervenant à ses propres compétences, et la multiplication des intervenants permet d’approcher plus de facettes de la difficulté scolaire. »

« La restauration des RASED, le plus de maîtres que de classes, un véritable aménagement du temps de l’enfant, de nouveaux métiers pérennes dans les écoles, notamment en direction des tâches administratives  »

« Des exigences scolaires revues à la hausse avec un vrai soutien hiérarchique et administratif. »

« La formation des enseignants est essentielle à la progression et la réussite des élèves dans un établissement qui concentre les difficultés, associée à une véritable reconnaissance du métier et de ses difficultés. »

Quelles sont pour vous les fonctions et finalités principales du travail en équipe ? Quels apports ? Quelles difficultés ?

« Sans travail en équipe l’Ecole ne peut fonctionner. »

« définir des objectifs communs avec des outils variés et des pratiques différentes, croiser les regards sur les enfants, coordonner les actions et les temps forts, être disponible pour réajuster les pratiques, échanger, partager, avoir du temps pour tout cela, connaître les différents interlocuteurs qui peuvent nous aider dans notre pratique de classe, l’administration devrait pouvoir assurer le remplacement des congés maternités et formations pour les membres du RASED par exemple (personne n’est intervenu dans notre école depuis 4 ans !!!! »

« Réduire les inégalités, ce n’est pas seulement faciliter la mise en œuvre des nouveaux dispositifs comme le socle ou l’histoire des arts, c’est prendre en compte réellement les difficultés d’apprentissage de ces enfants, l’absence de culture et d’éducation dans le milieu familial, les difficultés socio-économiques. »

« Ces élèves ont besoin d’un suivi personnalisé. Un travail de tutorat, où les élèves ’décrocheurs’ étaient suivis par un adulte de l’établissement a été mis en place dans mon collège, a donné de bons résultats, mais a été abandonné faute de moyens. Même si nous sommes en RRS, nous n’avons depuis le début de l’année ni CO-psy, ni infirmière suite à des congés (maternité et disponibilité) non remplacés. »

Quelles finalités, quels dispositifs, quelle organisation pour ces rencontres ? [avec les parents]

« Le plus important : faire entrer les parents dans l’école et discuter avec eux autour du travail de leur enfant. »

« Informer les parents des résultats et attitudes de leurs enfants. Connaître des situations particulières de chaque élève ; travailler ensemble pour mieux cadrer les enfants dans leur métier d’élèves. »

« Il serait bien de pouvoir proposer aux parents des réunions d’échange sur les problématiques qui se présentent : la concentration en classe, l’apprentissage des leçons, les conflits entre élèves, l’orientation, l’adolescence.... »

Qu’attendez-vous de votre hiérarchie, eu égard à l’objectif de réussite des élèves et à vos conditions de travail ?

« …cela dépend des personnes. J’ai connu des pressions qui relevaient du harcèlement moral comme du soutien dont je suis reconnaissant. »

« J’attends (et j’ai la chance d’avoir actuellement !) des chefs qui ont à cœur la réussite de tous les élèves, de prévenir les décrochages et d’en pousser d’autres vers l’excellence. J’apprécie également leur travail et la reconnaissance du nôtre. »

« Reconnaissance du travail fourni, de l’investissement consenti, mise en place de bonnes conditions d’enseignement, cohérence des décisions, soutien dans les projets. »

Quel type de formation continue vous semblerait nécessaire ? Sur quels sujets (formation d’équipe, formation spécifique à un public ciblé...) ?

« …des formations en équipe, sur des sujets tels que l’accueil d’élèves à profils particuliers, les relations aux familles, la gestion des conflits, les « dys »... »

« Il faut développer la recherche pédagogique dans les ZEP avec une vraie liaison avec l’université, créer des postes des PEMF dans les écoles d’éducation prioritaire, échanger les bonnes pratiques après les avoir réellement évaluées. »

« Beaucoup de formations d’établissement (ex : sur les ’dys’) mais jamais adaptées à une discipline précisément. Formations souvent décidées par la direction. Intervenants parfois très loin de la réalité de terrain. »

« Echanges de pratiques et analyse de la pratique. Formation à la relation (avec les élèves, avec les parents). Formation pédagogique de haut niveau, régulière, intéressante, longue. Travail très régulier avec les conseillers pédagogiques (conception collective, mise en place, évaluation). Présence de maîtres formateurs dans chaque école de ZEP. »

Quelle mesure, selon vous, permettrait d’obtenir un climat scolaire serein au quotidien ?

« Davantage de personnels, de dispositifs ’soupape’ pour ces enfants qui ne peuvent pas se ’contenir’ calmement toute une journée dans ce type de climat, faire venir une psychologue à temps complet et créer davantage d’espaces de parole pour ces jeunes »

« …il y a une corrélation forte entre situation sociale dégradée et climat scolaire dégradé : il est des situations où l’école ne peut plus grand chose. »

« Avoir les moyens de faire réussir tous les élèves !

Une véritable équipe pluriprofessionnelle avec du temps en commun.

« Nous avons mis en place des élèves ’protecteurs’ dans la cour pour atténuer les conflits. Conseil des élèves de l’école tous les mois. »

Selon vous, quels sont, aujourd’hui, les plus importants problèmes auxquels l’éducation prioritaire est confrontée, et quelles seraient les 2 mesures emblématiques pour changer le système en profondeur ?

« Les situations familiales, sociales, économiques induisant des différences importantes entre la culture familiale des élèves/familles et la culture scolaire :importance pour y remédier de permettre aux équipes pluriprofessionnelles d’être complètes et présentes à plein temps afin de dégager des éléments de compréhension à l’interne de l’établissement et de pouvoir favoriser le partenariat école/parents, essentiel dans la réussite scolaire des élèves. … »

« Des moyens plus importants pour faire accéder les élèves à la culture en les sortant des établissements (théâtre, cinéma, expos, séjours...) … »

« … Privilégier les projets qui apportent autre chose aux enfants, nous aider financièrement à monter des projets en fonction des besoins et des carences de chaque école : projet piscine, cinéma, équitation, mer, montagne... sortie aux musée, au théâtre, concerts (de qualité), voyages à Paris, en grande métropole en Angleterre... Rendre prioritaire l’équipement numérique des écoles en RRS… »

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