Logo Campagne Logo FSU

La revue POUR

Dernière parution :
N° 170 - 02/2014

Téléchargez 928.7 ko

Qu’est-ce que la FSU ?

Un ouvrage sur l’histoire de la FSU (objectifs, historique...) Comment la FSU s’est, au fil du temps...

Lire la suite

Conférence Sociale - 9-10 juillet 2012

Contribution - Retraites

Contribution pour la grande conférence sociale les 9 et 10 juillet 2012 (Conseil économique, social et environnemental)
Table-ronde : Assurer l’avenir des retraites et de notre protection sociale

PDF - 30.5 ko
Télécharger en PDF

I- Les objectifs

Pour la FSU, la retraite est un enjeu de société. Le droit à la retraite s’inscrit dans une longue histoire politique et syndicale qui fait de la retraite aujourd’hui un élément du pacte social et républicain.

Quelle est sa finalité ou, si on veut, qu’est-ce qu’un bon système de retraite, quand on se place du point de vue du salarié ? Nous serions tentés de dire que c’est un système qui lui assure, au moment de la cessation d’activité, un revenu de remplacement lui permettant de vivre dignement.

C’est pourquoi la FSU défend un système qui affiche clairement la garantie d’un taux de remplacement à un âge de départ donné : nous défendons le droit à la retraite à 60 ans, avec un taux de 75 %.

Nous sommes attachés à cette double dimension du problème : « politique » (« qu’est-ce qu’on veut ? ») et « anthropologique » (« quelles conséquences pour les salariés »). Nous ne nions pas la dimension économique mais avant de s’engager dans une réforme, il est pour nous indispensable de ne pas perdre de vue les choix de société qui sont au cœur de notre modèle social et qui explique en grande partie pourquoi les Français sont si attachés à leur retraite.

Il nous paraît important qu’à l’issue de ces deux journées, le gouvernement réaffirme sur quelles grandes orientations, sur quels principes, il entend poursuivre les discussions.

II- Ce que défend la FSU

1° Le choix de la répartition et d’un mode de financement public
Ce n’est pas simplement pour dire que la capitalisation n’est pas le meilleur système mais parce que cela met la cotisation salariale au coeur du système et donc aussi les questions d’emplois et de pouvoir d’achat. L’emploi doit bien sûr être une priorité absolue.

2° Le choix de la solidarité :

  • celui de la solidarité entre générations, qui découle du choix de la répartition. Les plus jeunes générations financent les retraites de leurs aînés, mais ce principe ne continuera d’être accepté que si les générations cotisantes se voient garantir des droits au moins équivalents.

Les remises en cause brutales des dernières réformes ont suscité de la défiance et fragilise l’adhésion au principe même de la répartition. Il est donc important de chercher à sécuriser les droits.

  • celui de la solidarité au sein d’une génération. Notre système est « contributif » au sens où les assurés cotisent en fonction de leurs ressources et qu’ils acquièrent des droits en contrepartie de leur cotisation. Mais il n’est pas purement contributif, son originalité consiste aussi à opérer des redistributions implicites ou explicites envers les salariés les plus fragiles.

Notre système de retraite ne peut pas tout corriger, mais il ne peut pas complètement ignorer les inégalités observées sur le marché du travail et ses évolutions.

La norme du travail a considérablement évoluée. L’augmentation du travail féminin, encore marquée par les inégalités salariales et le recours plus fréquents au temps partiel, l’augmentation du risque chômage et de la précarité, les difficultés d’insertion des jeunes, l’exclusion des salariés plus âgés, l’émergence de parcours plus « atypiques »… à cela s’ajoutent les changements sociétaux … autant d’évolutions qui nous impose de repenser les solidarités intra et intergénérationnelles pour nous projeter dans l’avenir.

Cela nous oblige aussi à penser les transitions, entre les générations qui partent actuellement à la retraite, ou qui en sont très proches, et celles qui partiront demain. Elles n’ont pas les mêmes caractéristiques.

Pour la FSU, des réformes sont donc nécessaires.

Assurer la pérennité de notre système de retraite – c’est bien sûr assurer son financement

Si on accepte l’idée que la part des plus de 60 ans est amenée à augmenter dans la population, et avec elle de nouveaux besoins, notre système de protection sociale doit organiser les transferts de richesses nécessaires. Sinon, il faut se préparer à un appauvrissement du niveau de vie des personnes âgées. La FSU s’y refuse.

L’allongement de la durée d’assurance et le recul de l’âge de départ ne sont pas des réponses satisfaisantes. Il y a encore beaucoup trop à faire sur l’emploi des seniors, la prise en compte des effets du vieillissement au travail et sur le terrain de la pénibilité pour rendre crédible cette perspective. Tout en creusant les inégalités, ces choix conduisent à des transferts de coûts qui en minimisent considérablement la portée.

Pour la FSU, assurer la pérennité de notre système de retraite suppose donc de lui apporter des ressources supplémentaires. Il existe dans ce domaine des marges de financement qui pourraient être utilisées sans pénaliser l’emploi. Nous sommes prêts à en discuter.

III- Sur la méthode

Bien sûr, on ne peut qu’apprécier le changement de méthode. L’absence de concertation, la précipitation, n’ont conduit qu’à des réformes perçues comme « brutales et injustes » et d’une efficacité douteuse.

Notre système est complexe. Complexe dans son architecture, puisqu’il est structuré autour de plusieurs régimes ; complexe aussi dans ses règles, d’autant que les objectifs ne pas toujours très bien définis… Mais la complexité n’est pas un frein à toute évolution (les systèmes vivants sont des systèmes complexes et ils évoluent).

Il a besoin aujourd’hui d’être analysé en profondeur. A quels objectifs répond tel ou tel mécanisme ? Les objectifs fixés sont-ils réellement atteints ? Quels sont les mécanismes générateurs d’inégalités ? Quelles sont les adaptations nécessaires ?

La FSU demande qu’un bilan puisse être fait des dernières réformes.

Quelles conséquences peut avoir un recul de l’âge de départ dans un contexte où le chômage progresse de façon très importante ?

C’est par ce travail de remise à plat que nous remettrons de la lisibilité dans notre système de retraite. Mais aussi de l’équité.

On a trop supposé jusqu’ici que le rapprochement des règles entre régimes produisait des effets identiques. Ce n’est pas vrai. Le salarié unique n’existe pas. On voit bien que dès qu’on raisonne sur quelques cas types, mêmes stylisés, les effets de certains mécanismes peuvent être différents. Pour la FSU, rechercher l’égalité de traitement entre tous les salariés nécessite de prendre en compte les différences de situation pour tendre vers un objectif commun.

Il est nécessaire de poursuivre le débat. Au-delà des questions générales, nous avons identifié quelques sujets sur lesquels nous espérons pouvoir revenir : comment mieux prévenir et prendre en compte les situations de pénibilité, aménager et accompagner les fin de carrière, rétablir une cessation progressive d’activité attractive ? Comment assurer aux retraités actuels un mode de revalorisation des pensions qui tienne mieux compte de l’évolution de leur pouvoir d’achat ? Comment traiter équitablement la situation des polypensionnés ? Comment faire intervenir les périodes d’études, de formation et de précarité dans l’acquisition des droits ? Nous sommes également favorables au rétablissement des bonifications et à une refondation du minimum garanti dans la fonction publique…


Pour les salaires et l'emploi public
Offensive contre l'Ecole, les bibliothèques... ça suffit !
Unis contre l'extrême-droite