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Sabine Barles, professeure à Panthéon-Sorbonne, chercheure à l’UME.

mardi 27 septembre 2016
Sabine Barles est professeure à Panthéon-Sorbonne, chercheure à l’UME. Elle a publié L’invention des déchets urbains, France, 1790-1970 (Seyssel, Champ Vallon, 2005).

Suffit-il de développer le recyclage pour changer de modèle économique ?
C’est très bien et utile de recycler, mais vu les enjeux environnementaux et l’épuisement des ressources, il faut surtout consommer moins de matériaux. Dans l’état actuel des choses, le recyclage ne permet pas de couvrir les besoins. Prenons l’exemple de la construction, sur un territoire. On voit bien que les matières premières recyclées ne suffisent pas : le développement urbain se fait par extension, étalement, et construction d’infrastructures en plus du bâti. Il faut donc, parallèlement au recyclage, changer de modèle pour être plus économe en matériaux.

Comment peut-on y parvenir ?
Si on reprend l’exemple des matériaux de construction, il faudrait une intégration des acteurs qui comprenne l’amont et l’aval des filières. C’est la même chose dans l’agro-alimentaire : on voit se développer le recyclage des sous-produits organiques, mais il manque une réflexion sur l’ensemble de la filière agro-alimentaire. Il y a déconnexion totale entre politique agricole, politique des industries agro-alimentaires, et à la fin, les collectivités territoriales qui gèrent les déchets avec un pouvoir infime sur les flux de matières. On ne va pas gérer le cycle biogéochimique en fabriquant du compost…

Le recyclage à 90 % des véhicules usagés et les expériences locales ne sont-ils pas des exemples encourageants ?
Oui, il y a des progrès, notamment en France où le parc automobile ne s’accroît plus beaucoup, dans ce cas, on « circularise ». Mais la croissance de ce parc se fait aujourd’hui de manière spectaculaire dans les pays émergents où le recyclage ne suffit pas. Au niveau mondial la consommation de matière et d’énergie continue d’augmenter.
Enfin, les nombreuses expériences d’utilisation de ressources locales renouvelables posent la question de leur généralisation : auront-elles un effet boule de neige ? La montée en généralité à partir de ces « niches » suppose une transformation fondamentale de notre société.

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