F.S.U.

Accueil >

_#EXTRANET

>

Conférence Sociale - 2012

>

Contribution - Emploi

Conférence Sociale - 2012

Contribution - Emploi

lundi 09 juillet 2012
Contribution pour la grande conférence sociale les 9 et 10 juillet 2012 (Conseil économique, social et environnemental)
PDF - 19.5 ko
Télécharger en PDF

La conjoncture actuelle place l’emploi comme une priorité absolue. Les jeunes, les femmes et les seniors sont particulièrement touchés par le chômage. Il faut considérer l’emploi dans sa globalité c’est-à-dire en interrogeant aussi bien la situation du secteur privé que celle du
secteur public. D’autant plus que les effets d’un cycle économique de plus de trente ans pèsent en terme de dislocation sociale, territoriale, d’extension de la précarité, de pulvérisation des bastions industriels.
Le nombre d’inscrits dans les fichiers de Pole Emploi pour le mois de mai avoisine les 5 200 000 personnes (toutes catégories confondues) et l’on
assiste à la multiplication des plans de licenciements dans l’industrie, après qu’une bonne part d’entre eux ait été gelée pour cause d’opportunité politique dans l’attente des élections. Il faut se garder d’un effet d’optique faisant oublier la situation sinistrée dans les secteurs des services où les délocalisations et les conséquences de l’émergence d’un modèle social se font lourdement sentir (basculement vers l’emploi non-salarié, salaires très bas, conditions de
travail dégradées….)

Pour la FSU, si on se situe en termes de propositions à dimension interprofessionnelle, on doit d’abord partir de ces constats. Avec des propositions et pistes de travail, des revendications se
plaçant à deux niveaux :
- des mesures structurelles
- des mesures d’urgence

Sur le premier champ, il est nécessaire de partir d’une perspective macro-économique partant
d’un bilan en termes de forces et faiblesses de l’appareil productif et de l’économie de services, dégageant leurs grandes caractéristiques essentielles, en particulier au regard de la compétitivité européenne et mondiale. Ces éléments de bilan devant permettre de dessiner un
repositionnement global. Une nouvelle politique économique globale est à définir intégrant la dimension stratégique de la transition écologique avec toutes ses déclinaisons et le développement durable en référence étroite avec les besoins sociaux.

Dans ce cadre, articulé avec une coordination à échelle européenne, autour d’une mutualisation des pratiques les meilleures et les plus protectrices socialement, une série d’outils sont à mettre en place.

Les objectifs visés sont la création de centaines de milliers d’emplois et l’inversion de la courbe du chômage. Le budget de l’Unedic pour l’année 2010 s’élève à plus de 31 milliards d’euros !

Nous proposons donc :

- une fiscalité redistributive
- une réduction du temps de travail offensive
- la création de pôles financiers publics permettant notamment le financement des
PME/PMI et la stimulation de la Recherche et Développement.
- la redéfinition de filières stratégiques (incluant donneurs d’ordre et sous-traitants)
- la centralisation et la coordination des outils de prévisions et d’analyses stratégiques (COE, CAS, CNE…..)
- l’articulation des politiques interministérielles en associant les collectivités territoriales pour prévenir les plans de licenciement
- le développement des services Publics vécus comme une chance en terme d’efficacité et de création de lien social
- la modulation des cotisations patronales en fonction des politiques de l’emploi dont la taxation abusive de la précarité

Cette liste n’est pas limitative et elle s’articule avec des mesures d’urgence.

- une politique de réimplantation des services publics dans les territoires particulièrement les ZUS
- dans l’attente d’un système de sécurité professionnelle articulant emploi et formation notamment pour les chômeurs :
— augmentation des minima sociaux
— ouverture du RSA à partir de 18 ans
— renégociation de la Convention Unedic
— rétablissement de l’Allocation équivalent Retraite
- des mesures spécifiques pour les jeunes dont : Après bilan et recadrage, développement de
contrats aidés assurant formation et engagement d’emplois en CDI
- des mesures spécifiques pour les chômeurs de longue ou très longue durée
- un bilan de l’utilisation des aides publiques, avec des cahiers des charges exigeants
- l’amélioration du Code du Travail dans ses aspects protecteurs
- l’encadrement des ruptures conventionnelles
- l’élargissement des pouvoirs, des Comités d’Entreprise ou des délégués du personnel en cas
notamment d’autorisation de licenciement
- un vaste plan de formation des chômeurs en particulier de ceux /celles sans formation ou/et à très
faibles niveaux
- la refondation et le redéploiement du Service Public de l’Emploi, doté de missions élargies et de
moyens supplémentaires, incluant la sauvegarde de l’AFPA, la stabilisation des Missions
Locales, leur développement en réinvestissant la totalité de leurs missions initiales. La
reconstruction de Pole Emploi comme véritable Service public.
- Un service public de l’orientation articulé sur deux secteurs ; d’une part - un service public
d’orientation scolaire pour les jeunes en formation initiale structuré autour du réseau des CIO,
avec des personnels administratifs, des conseillers d’orientation-psychologues et des directeurs
de CIO en nombre suffisant, d’autre part un service public de formation professionnelle continue
avec le développement des missions d’orientation professionnelle tant à Pôle Emploi que dans
les missions locales
- Le développement des Services du ministère du Travail avec notamment le renforcement en
moyens de l’inspection du travail et des services de contrôle de la formation professionnelle.

La situation de l’emploi des jeunes est particulièrement préoccupante. Un travail rassemblant tous les
partenaires doit être mené d’urgence afin de mettre en place des dispositifs d’accompagnement dans
l’emploi et d’envisager l’amélioration de la situation à long terme.

Partager cet article :