F.S.U.

CDFN des 22 et 23 septembre 2009

Texte action

par Patrick

L’été a été marqué par l’approfondissement de la crise avec la poursuite de la montée du chômage et de multiples conflits sociaux parfois emblématiques. Or gouvernement et patronat ont poursuivi la même politique économique et sociale qui porte une lourde responsabilité dans cette crise : comme le montrent le coup de force de l’extension du travail dominical, le projet de privatisation de la Poste, le maintien voire l’accentuation d’une politique fiscale injuste, la dénonciation par le Premier Ministre des recrutements dans la FPT, les nouvelles menaces sur les retraites et la protection sociale…

Cela se traduit dans la Fonction Publique par l’annonce de suppressions de postes d’une ampleur inégalée, le maintien d’une politique salariale qui continue à tirer l’ensemble des rémunérations vers le bas et une loi dite sur « la mobilité et les parcours professionnels » qui est une véritable boite à outils pour faciliter les suppressions de postes et les redéploiements et qui se traduira par une remise en cause des missions des personnels, des garanties statutaires et plus de précarité. De même se développe une gestion par l’individualisation et la mise ne concurrence avec ses effets dévastateurs sur les personnels et sur les services rendus aux usagers.

Dans l’Education la rentrée a été marquée par les retombées des suppressions de postes au budget 2009 (13500) s’ajoutant aux coupes des années précédentes : classes plus chargées, baisse de l’offre d’éducation, remplacements moins bien assurés, précarité accrue…C’est à l’aune de ce contexte qu’il faut mesurer des acquis comme le gel des suppressions d’emploi obtenu dans le supérieur et la recherche pour les deux prochaines années ou l’abandon de la suppression de la moitié des RASED ou le rétablissement de quelques dizaines d’emplois dans l’enseignement agricole.

Le nouveau ministre de l’EN affiche son souci de concertation mais il a manifestement choisi de s’inscrire dans les pas de son prédécesseur : il a publié pendant l’été les décrets sur les statuts particuliers des enseignants en dépit de nos demandes, il assume les 16000 suppressions prévues pour 2010 et prévoit de poursuivre en 2011 et 2012, il maintient la réforme du bac pro, il entend avancer à marches forcées vers une réforme des lycées généraux et technologiques avec un calendrier inacceptable dont il se garde de dessiner précisément les contours. Or ces projets auront des conséquences sur tous les secteurs de l’éducation. Dans les Universités jamais la tutelle n’a disposé d’autant de leviers pour imposer ses vues et entraver les libertés scientifiques et pédagogiques

L’insatisfaction et l’opposition aux politiques gouvernementales restent fortes ; les mobilisations sectorielles se multiplient mais elles peinent à se traduire par des mouvements convergents susceptibles d’infléchir les choix gouvernementaux et patronaux. Ces difficultés tiennent entre autres à l’approfondissement de la crise ; il importe de redonner confiance dans la possibilité d’alternatives et de dépasser la difficulté du mouvement syndical à construire une stratégie d’action au printemps dernier. Pour cela il est nécessaire d’en faire un bilan et d’en débattre.
Nous avons la responsabilité à la fois de construire des mobilisations dans nos propres secteurs, de contribuer à la construction d’un mouvement d’ampleur aussi unitaire que possible au plan interprofessionnel et de mettre en débat une stratégie qui s’inscrive dans la durée et étudie des formes d’action les plus adaptées pour faire reculer le gouvernement et imposer des alternatives.

Pour cela la FSU appelle ses syndicats et sections départementales à mener campagne au plus près du terrain sur les revendications et les solutions alternatives et saisir toutes les occasions de mobiliser autour de six axes :

  1. les salaires et le pouvoir d’achat des salariés, demandeurs d’emploi, retraités
  2. la lutte contre le chômage, la précarité et les suppressions de postes
  3. les conditions de travail, les missions et les statuts
  4. la défense des services publics et la lutte contre les inégalités
  5. la défense des droits et des solidarités
  6. la protection sociale (santé, retraites...)

La journée du 3 octobre de votation citoyenne pour la défense du service public de la Poste doit être une occasion de porter un coup à la remise en cause des services publics et à la logique libérale. Le CDFN appelle les personnels à s’y investir en participant massivement au vote et en contribuant à son organisation mais aussi en menant le débat sur le rôle et la place des services publics.

Il appelle à participer pleinement aux actions unitaires du 7 octobre dans la cadre de l’action de la CSI en faveur du travail décent et d’y être porteur de leurs revendications notamment en matière de salaires, d’emploi, de résorption de la précarité, de conditions de travail, de statuts. Cette journée doit constituer un moment important de construction de la mobilisation.

Dans l’Education, l’Enseignement supérieur et la Recherche la période du débat budgétaire doit être l’occasion d’une relance et d’une amplification des luttes contre les suppressions de postes et la réduction des recrutements, les réformes rétrogrades et pour une école de la réussite pour tous. Dans ce cadre le recours à la grève unitaire pendant la période de vote du budget apparaît comme une nécessité. La FSU la proposera aux autres organisations syndicales concernées. Elle prendra ensuite ses propres décisions en fonction de leurs réponses.
Le CDFN appelle à faire des assises « défendre et rénover la formation des enseignants » le 7 novembre une réussite impliquant les Syndicats Nationaux concernés

Dans la Fonction Publique la FSU saisira toutes les occasions de mener une campagne unitaire sur les services publics, les missions et les statuts et contre la RGPP avec toutes les forces qui le souhaiteront. Elle proposera aux autres organisations syndicales d’organiser une semaine d’action articulée avec le dispositif d’action dans l’éducation. Le CDFN donne mandat pour répondre positivement aux propositions permettant de commencer à mobiliser y compris lorsqu’elles ne rassemblent qu’une partie des organisations.

La question des salaires et du pouvoir d’achat est centrale pour tous les salariés, y compris les fonctionnaires et les précaires. Ainsi dans les trois fonctions publiques depuis plus de 20 ans de nombreux personnels sont enfermés dans le CII qui a généré une dévalorisation très importante de leurs carrières (Educateurs, Assistants Sociaux, Personnels de Bibliothèque…). Une fonction publique assurant des missions de qualité doit se traduire par des mesures pour toutes les catégories de personnels.

Le ministre de l’Education nationale, Luc Chatel, entend faire ses propositions sur la carrière des personnels enseignants à l’occasion du CTPM du 1er octobre

Les annonces faites jusqu’à présent s’inscrivent dans la politique de réduction massive des emplois de fonctionnaires et de la stagnation salariale de tous.

A cette occasion la FSU rappelle au ministre de l’éducation nationale et à celui de la fonction publique ses revendications en matière de salaires et de pouvoir d’achat des fonctionnaires : le montant du point d’indice commun à tous doit être revalorisé : une véritable reconstruction de la grille permettant une vraie carrière pour tous doit être mise en chantier. Cette reconstruction doit répondre à la dévalorisation salariale de l’ensemble des métiers de la FP, reconnaître les qualifications et prendre en compte leur élévation.

Pour les personnels bloqués dans le CII, la FSU exige la catégorie A, que les infirmières sont en train d’obtenir et dénonce l’unique proposition d’une grille B+ inacceptable.

Pour les enseignants, CPE, COPsy la FSU exige des mesures indiciaires qui concernent l’ensemble des personnels et ne participent pas de l’individualisation des rémunérations en organisant « le travailler plus pour gagner plus ».

C’est en prenant nos responsabilités dans nos propres secteurs que nous pouvons le mieux contribuer à un mouvement interprofessionnel durable avec des modalités susceptibles d’obtenir des changements de politique économique et sociale. En même temps la FSU doit jouer tout son rôle dans le cadre de l’intersyndicale inteprofessionnelle qui a montré sa capacité à mobiliser largement. Elle y proposera la construction d’une nouvelle journée d’action avec grève et manifestations et la mise en débat d’un plan d’action durable.

Le CDFN appelle ses SFR à participer aux réunions préparatoires à la journée d’action inter UCR du 16 octobre sur pouvoir d’achat et protection sociale et à en assurer le succès.

Il appelle à la journée de mobilisation sur les droits des femmes et l’égalité professionnelle le 17 octobre.

Il appelle à assurer la réussite de l’initiative de débat public CGT-FSU sur la formation professionnelle à Caen le 10 novembre.

La FSU apporte son soutien au SNICS et à la journée de mobilisation des personnels infirmiers du 30 sept.

La FSU soutient la mobilisation des personnels administratifs de l’académie de la Guyane en grève depuis 10 jours pour exiger :
- l’annulation des suppressions de postes
- la création de cinquante emplois de personnels administratifs

Le SYGMA FSU organise avec FO une semaine d’action dans les services vétérinaires du 12 au 16 octobre avec rassemblements inter-régionaux et grève pour la défense de l’emploi, des missions de service public et la situation des précaires.

Pour : 101 Contre : 9 Abs : 0 Rdv : 1

Partager cet article :