F.S.U.

CDFN des 18 et 19 janvier 2011

Texte action

par Patrick

La FSU salue le courage et la détermination du peuple tunisien qui a mené la révolution « du jasmin » victorieuse

Ce peuple jeune s’est soulevé devant l’intolérable situation d’injustice sociale et économique de son pays. Ce mouvement social est très vite devenu un mouvement politique qui a donné lieu à un mois de manifestations et de mouvements dans tous le pays. Le peuple tunisien, qui a payé un lourd tribut à la politique de Ben Ali, a aussi été frappé par la répression sanglante. Après 23 ans de despotisme, Ben Ali, soutenu jusqu’au bout par le gouvernement français, complice et "ami" du despote, a été contraint de quitter le pays.

Cette révolution a mis en avant des exigences sociales et démocratiques. La FSU, solidaire avec le mouvement social et syndical tunisien, s’associe aux espoirs du peuple tunisien et des forces démocratiques pour que s’écrive une nouvelle page de l’histoire en Tunisie, pour que cette victoire ne leur soit pas confisquée. Ceci passe par l’amnistie pour tous les militants injustement condamnés et spoliés par le régime Ben Ali, l’identification et la condamnation des responsables des massacres, la mise en œuvre d’une politique permettant de satisfaire les droits sociaux et économique et l’organisation d’élections législatives et présidentielles incontestables.

En France l’année 2011 s’annonce chargée et importante

La crise économique et sociale n’est pas terminée et les derniers chiffres du chômage en hausse montrent qu’il touche particulièrement les jeunes.

Dans de nombreux pays européens, les gouvernements mettent en place des plans d’austérité (baisse des salaires, réduction du nombre de fonctionnaires, réduction des dépenses publiques…) faisant ainsi payer la crise aux seuls salariés qui n’en sont pas responsables. Partout les mobilisations se poursuivent pour exiger une autre répartition des richesses produites et plus de justice sociale.

Le gouvernement déterminé à en finir avec le « modèle social français » n’entend pas réduire son train de « réformes ». Ses arguments économiques cachent mal son choix de société où il n’est pas question pour lui de lutter contre les inégalités et les injustices sociales mais bien de conforter une société inégalitaire : basée sur l’individualisation et la mise en concurrence des salariés sans partage des richesses produites ni solidarités entre les citoyens.

Le gouvernement souhaite concentrer la question de la « dépendance » sur celle des personnes âgées » excluant de fait celle du handicap et de la perte d’autonomie à tout âge. Une fois encore, il vise à remettre en cause le financement de la solidarité nationale. La FSU doit s’emparer de ce sujet majeur et le travailler avec d’autres organisations qu’elles soient syndicales, mutualistes, associatives afin d’être en mesure d’opposer des alternatives (financement, organisation, prise en charge matérielle…) lorsque les discussions s’ouvriront. Elle doit aussi mener une campagne d‘information nécessaire sur un sujet aussi complexe afin de permettre à tous de se l’approprier et d’être en capacité de mobiliser.

La FSU sera attentive à la formation et à la qualification, avant recrutement, dans un cadre statutaire public, des personnels qui seront chargés de cette mission.

Le gouvernement organise le démantèlement des services publics et de la Fonction publique en réduisant leur capacité d’agir sur tout le territoire, en cherchant à déstabiliser l’opinion sur leur bien fondé et en rendant responsable des dysfonctionnements les individus eux-mêmes qu’ils soient personnels ou usagers.

La négociation de la convention Unedic s’ouvre avec des orientations très agressives du Medef et des représentants de la majorité. Après les mouvements que nous venons de vivre, seule une mobilisation large des syndicats et des organisations de chômeurs peut changer le contenu de la négociation. La FSU est disponible et s’engage à travailler à des contre propositions dans une cadre le plus unitaire possible.

La FSU est déterminée à poursuivre ses actions, dans l’unité la plus large, au niveau interprofessionnel comme au niveau de la Fonction publique, sur les retraites, l’emploi et les salaires, le travail, la protection sociale...Elle travaille à conforter et à amplifier la dynamique unitaire notamment dans le cadre interprofessionnel en cherchant à finaliser la plateforme unitaire.

Les attaques se multiplient contre la Fonction publique et les services publics

Après les retraites, dont les décrets viennent d’être publiés, le gouvernement poursuit et défend sa politique dévastatrice contre l’emploi public. Les propos tenus récemment par C. Jacob, la proposition de la loi Mancel de réserver les emplois de fonctionnaire aux fonctions régaliennes de l’Etat, remettent en cause profondément les missions et le statut de la Fonction publique.

La campagne que la FSU a lancé « le Service public, on l’aime, on le défend » est un outil d’action important. Il permet aux personnels comme aux usagers de dire massivement en quoi cette politique est néfaste et dangereuse pour l’avenir et d’exprimer des propositions pour développer et améliorer encore les services publics et la Fonction publique. La FSU et ses syndicats nationaux développeront cette campagne dans les mois à venir afin qu’un réel débat sur les services publics et la Fonction publique s’engage sur de bonnes bases et que soit portées fortement d’autres alternatives.

Etats généraux des services publics

Les États Généraux du Service Public se réuniront à Orly les 29 et 30 janvier. La FSU, aux côtés des autres syndicats, associations, partis politiques, s’est fortement impliquée dans leur préparation au niveau national. Ce sera une nouvelle échéance importante dans nos batailles. La FSU appelle à la réussite de ces Etats généraux.

Fonction publique

La FSU continue de dénoncer la politique de suppressions d’emploi dans la Fonction publique, et dans les Etablissements Publics Administratifs, avec le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. Cette politique met les personnels en difficulté pour remplir leurs missions et ne permet plus d’assurer les services nécessaires aux usagers. S’ajoute à cela pour les personnels, le gel du point d’indice et la hausse des retenues pour pension qui vont entraîner une baisse du pouvoir d’achat. La FSU exige une augmentation des recrutements par postes ouverts aux concours, des salaires et des pensions. Elle continue de dénoncer la gestion individuelle des salaires et des carrières. En individualisant les parcours cette gestion, qui ne manquerait pas d’être amplifiée par la création des corps interministériels, fait peser une pression sur les agents et les met en concurrence au lieu d’assurer une dynamique collective.

La FSU mène depuis toujours la lutte contre la précarité dans la Fonction publique. Le 25 janvier 2010, le Président de la République disait « envisager la titularisation progressive des contractuels ». La FSU souhaite que les négociations qui s’ouvrent en permettent la concrétisation. La question des agents non titulaires est devenue cruciale : 1 million d’agents est aujourd’hui non titulaire avec une multiplication de contrats de courte durée, un recours massif au temps partiel et un fort turn-over. Les conséquences sont lourdes pour ces personnels. Elles sont aussi néfastes au bon fonctionnement des services et donc à la qualité et à la continuité que sont en droit d’attendre les usagers de la Fonction publique. Il est urgent d’en finir avec cette situation. C’est pourquoi la FSU demande un plan de titularisation rapide, ouvert à tous les non titulaires, en poste ou au chômage qui doit prendre en compte les services effectués et élaboré selon des modalités et un calendrier adaptés à chaque secteur, la garantie du réemploi des non titulaires et l’arrêt du recrutement de contractuels et des vacataires. Elle demande que dans le même temps les besoins permanents comprenant le remplacement soient assurés par la création d’emplois permanents pourvus par des fonctionnaires. Le contrat à durée indéterminé (CDI) ne répond pas à cette exigence de titularisation. Et pour qu’un nouveau plan de titularisation puisse aboutir, il est impératif d’arrêter l’embauche de nouveaux personnels non titulaires et précaires et dans le même temps mettre un terme aux suppressions de postes et au non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite. La FSU appelle à la réussite de la journée du 20 janvier pour les non titulaires organisée dans tous les départements avec Solidaires et la CGT. Elle propose de capitaliser cette mobilisation en poursuivant par des délégations, des initiatives communes…
La FSU soutient également au ministère du Travail, la grève nationale le 20 janvier des contrôleurs du travail pour leur revalorisation en catégorie A.

Une pétition unitaire sur les salaires sera lancée dès le 24 janvier.

SFR-FSU : Action pour le pouvoir d’achat des retraités

Les retraités sont doublement pénalisés en matière de pouvoir d’achat, à la fois par la faiblesse moyenne des pensions, en particulier celles des femmes, et par le mode de réajustement décalé dans le temps et lié à une évolution des prix qui minore l’inflation réelle. L’impact immédiat de la loi de financement de la sécurité sociale aggrave encore leur situation et la possibilité d’accès aux soins.

La SFR-FSU s’adresse à l’ensemble des UCR et à la FGR-FP pour une initiative commune de carte-pétition adressée au Président de la République et aux élus qui se déclinerait au plan local, par des rassemblements porteurs de ces revendications et en particulier de la demande d’un rattrapage immédiat.

De nouvelles mobilisations sont d’ores et déjà prévues que la FSU appelle à réussir

C’est le cas dans l’Education nationale le 22 janvier prochain avec une mobilisation dans tous les départements à l’appel du Collectif « l’Education est notre avenir » rassemblant les organisations syndicales, la FCPE et les mouvements associatifs et pédagogiques. Cette journée contre les 16 000 suppressions de postes, alors même que les effectifs d’élèves vont augmenter, et pour une politique éducative ambitieuse pour tous les jeunes devra se prolonger si nous voulons que se développe une mobilisation massive pour le service public et laïque d’éducation et pour imposer d’autres choix. La FSU propose une grève et une manifestation nationale. Cette mobilisation pour l’Education est un enjeu de société. La dernière étude PISA a révélé qu’en France non seulement les inégalités se creusent mais aussi que notre pays est celui où la corrélation entre les inégalités sociales et les inégalités scolaires sont les plus fortes. Il est urgent de mettre en œuvre une politique qui permette réellement de lutter contre l’échec scolaire et les sorties sans qualification du système éducatif. Face à cette situation, pour la FSU, les objectifs de 80% d’une classe d’âge au baccalauréat et de 50% dans l’enseignement supérieur restent des objectifs d’actualité pour la FSU. Ils supposent une autre politique à tous les niveaux du système éducatif.

Pour la FSU, le débat, nécessaire, sur les rythmes scolaires, doit avoir comme objectif la réussite de tous les élèves, intégrer la question des temps sociaux et la dimension qualitative du temps scolaire.
Elle dénonce certaines synthèses académiques peu fidèles aux débats. Elle sera vigilante aux conclusions de la Conférence nationale comme aux décisions ministérielles qui devraient suivre. Elle veillera au respect de l’objectif de réussite de tous les élèves, de l’équité sur l’ensemble du territoire et des conditions de travail des personnels.
Les récentes annonces, sans concertation ni bilan de l’expérimentation, sur l’extension du programme CLAIR aux écoles et à l’ensemble des collèges RAR poursuivent le démantèlement de l’éducation prioritaire. La FSU demande l’abandon de ce dispositif qui institue des déréglementations pour les élèves comme pour les enseignants. La FSU mènera des actions en ce sens pour obtenir une véritable relance de l’éducation prioritaire.

Les évaluations nationales ne sont pas au service des élèves mais ont été conçues dans la seule logique de pilotage du système. Elles s’articulent à des dispositifs contestés (aide personnalisée, stage de remise à niveaux...). Comme pour le livret personnel de compétences, la FSU demande leur abandon et leur remise à plat. Elle soutiendra tous les collègues victimes de sanctions.

La FSU réaffirme son opposition aux réformes des 3 voies du lycée et soutient les initiatives unitaires de ses syndicats.

Etant donné l’ampleur des suppressions de postes et les transformations radicales à l’oeuvre dans le système éducatif qui instaurent une école de plus en plus ségrégative, la FSU estime indispensable de mobiliser le plus largement possible et de donner des suites au 22 janvier.

A cet effet, elle a porté à la connaissance des fédérations de l’éducation réunies à son initiative le 17 janvier sa proposition de grève avant les congés de février et de mise en débat d’une manifestation nationale en mars ainsi que sa détermination à la poursuite rapide de l’action. Ces propositions n’ont pas reçu pour l’instant de réponses positives de la part de nos partenaires. La FSU considère que la hauteur des enjeux, celui de l’avenir des jeunes de notre pays, appelle l’unité la plus large.

C’est pourquoi la FSU renouvelle sa proposition aux partenaires syndicaux et continuera à débattre avec eux pour qu’ils appellent avec la FSU et ses syndicats à la grève en février et à mobiliser ainsi l’ensemble de nos professions. Elle confirme sa détermination à prendre ses responsabilités en appelant à la grève en février.

La FSU décide dans le cadre de sa campagne pour les Services Publics de porter ses revendications pour le service public laïque d’éducation en organisant 500 débats autour des ses « Vingt propositions pour l’Education sur tout le territoire d’ici la fin de l’année…

Le processus opaque et discriminatoire qui a présidé à la construction des 17 dossiers des regroupements d’établissements concourant aux « initiatives d’excellence » (IDEX) liées au grand emprunt, est au coeur d’une restructuration sans précédent du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche. Il risque d’accroître la guerre de tranchées entre collègues mis en concurrence. Dans les établissements, le budget d’austérité, en partie falsifié par le gouvernement au CNESER, met en péril des pans entiers de formation, de recherche et d’emplois précaires. Cette situation augure mal la réforme de la licence annoncée en fanfare en décembre.

Suite à la réforme de la formation des enseignants, de nombreux jeunes recrutés, des étudiants, les formateurs (UFR,IUFM, écoles, collèges, lycées) ont été mis dans une situation souvent catastrophique. La FSU, qui demande l’abandon de cette réforme, exige une tout autre réforme qui réponde aux enjeux. C’est l’avenir des jeunes qui est en cause. Cette question sera aussi portée lors des mobilisations du 22 janvier. Le 16 décembre, la FSU et ses syndicats ont organisé des assises qui ont permis de faire le point et de confronter les expériences. Ils ont décidé de poursuivre le travail ensemble pour élaborer des propositions communes, notamment en organisant prochainement une nouvelle journée nationale sur ce sujet.

La loi d’orientation et de programmation pour la performance de la sécurité intérieure, dite LOPPSI2, est en passe d’être adoptée par le parlement. Cette loi, fourre tout hétéroclite de lois sécuritaires qui ne permet pas une appropriation par chacun des véritables enjeux et contourne ainsi tout débat de fond sur le sujet, s’inscrit dans un contexte d’inégalités et de régressions sociales majeures. En affaiblissant les garanties judiciaires au profit de pouvoirs policiers accrus, la LOPPSI2 créé un arsenal répressif sans précédent en direction de populations ciblées : les précaires, les jeunes, les immigrés, les gens du voyage, les militants, les chômeurs ou les internautes etc. La FSU dénonce une loi qui attise les tensions sociales tout en portant atteinte aux droits fondamentaux et aux libertés publiques. Elle appelle à s’engager pleinement dans toutes les mobilisations pour exiger le retrait ou l’abrogation de la LOPPSI2.
La FSU dénonce le retour des arrestations des enfants dans les écoles et leur mise en centre de rétention. Elle dénonce la poursuite de la politique contre les étrangers.

Les avancées pour les travailleurs sans papiers sont certes réelles mais insuffisantes. La FSU poursuit, dans le cadre des onze organisations, son soutien aux travailleurs sans papiers pour obtenir le respect des engagements pris et leur régularisation.

2011 est aussi l’année des élections professionnelles. En octobre 2011, la plupart des agents de la FPE et de la FPH seront appelés à renouveler leurs instances consultatives. Ce sont des milliers de CCP, CAP et pour la première fois les CT qui sont concernés. Il s’agit pour la FSU de conforter sa place et son action syndicale pour les services publics et la Fonction publique en s’adressant à l’ensemble des personnels. La campagne de la FSU, enclenchée depuis la rentrée, contribue aux campagnes pour l’ensemble des élections en articulation avec les campagnes spécifiques des différents secteurs et des différents syndicats nationaux. La FSU réunira régulièrement les syndicats nationaux, les sections départementales et l’ensemble des composantes de la fédération pour suivre ces élections. Elle répondra à tous les besoins formulés pour surmonter toutes les difficultés rencontrées.

La FSU qui est prête à travailler avec toutes les organisations qui le souhaitent, poursuit le travail engagé avec certaines d’entre elles. Ainsi, d’ores et déjà sont prévus de nouveaux colloques comme celui du 9 février prochain sur « les jeunes salariés et le syndicalisme » avec la CGT, et le 31 mars avec Solidaires sur les discriminations. Il convient de poursuivre et d’approfondir notre réflexion sur la situation du syndicalisme en France, de mesurer aussi les effets des initiatives prises jusqu’ici avec les uns et les autres et de mener ce débat et la poursuite du travail collectif à tous les niveaux.
L’enjeu est de renforcer le syndicalisme de transformation sociale, le rendre plus efficace afin de gagner des batailles et conquérir de nouveaux droits.

Europe

L’accélération des dégradations sociales dans tous les pays de l’union européenne exige une meilleure coordination des ripostes et mobilisations syndicales, pour contrer les choix libéraux et antisociaux des politiques européennes.

C’est dans ce contexte et « afin de participer à la construction d’un rapport de forces en faveur des salariés au niveau européen » et parce qu’il est nécessaire de renforcer l’activité de la FSU au niveau européen que la FSU a abordé la question de sa demande d’affiliation à la CES. C’est avec ses mandats, ses revendications, sa capacité de construire des rapports de forces, ses exigences en termes de construction européenne que la FSU doit aborder cette démarche. Cela permettra à la FSU de peser pour faire avancer sa conception du syndicalisme, son orientation et notamment la nécessité de construire la confrontation et le rapport de force contre les politiques libérales portées par la commission européenne et le Conseil Européen et ses politiques, et la nécessité de travailler à cela sans exclusive avec les mouvements syndicaux et sociaux qui s’inscrivent dans cette perspective. La FSU poursuivra son implication dans les forums sociaux et les mobilisations du mouvement social européen.

La FSU participera au FSM de Dakar sur le thème des migrations.

Solidarité –Tunisie

La fuite du dictateur Ben Ali est une grande victoire pour le peuple tunisien. Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans, soutenu jusqu’au bout par le gouvernement français, complice et "ami" du despote, a quitté le pays sous la pression de manifestations de plus en plus massives, expression d’une révolte de tout un peuple qui a payé un lourd tribut à la politique de Ben Ali et à la répression sanglante de ces dernières semaines.

Ce mouvement, rassemblant les jeunes, les femmes, les chômeurs et précaires, les salariés , les syndicalistes, les étudiants et les enseignants, les avocats a fait preuve de courage, de détermination et d’unité. Il a mis en avant des exigences sociales et démocratiques : "le droit au travail" (40% des jeunes diplômés sont au chômage), le « droit à une juste répartition des richesses », la « lutte contre la corruption et le népotisme », et la liberté des médias.

Le pouvoir de Ben Ali est tombé, mais son régime et son parti du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), certes déstabilisés et affaiblis, tentent de se maintenir en place par la violence et de poursuivre leur politique économique et sociale tout à la fois capitaliste néolibérale et népotiste. Politique qui, bien qu’ayant coûté très cher au peuple tunisien, a été donnée en exemple par les institutions financières internationales et a bénéficié des accords de partenariat Euromed avec l’Union européenne et du soutien inconditionnel des gouvernements français.

La FSU, solidaire avec le mouvement syndical tunisien et le mouvement social en général, s’associe aux espoirs du peuple tunisien et des forces démocratiques pour que s’ouvre une nouvelle page de l’histoire en Tunisie, pour que cette victoire ne soit pas confisquée, ce qui passe par l’amnistie pour tous les militants injustement condamnés et spoliés par le régime Ben Ali, l’identification et la condamnation des responsables des massacres. Nous soutenons la revendication du mouvement social tunisien de la constitution d’un gouvernement provisoire composé de toutes les tendances politiques démocratiques, mais sans aucun représentant de l’ancien régime et de membre du RCD, chargé de préparer des élections libres et démocratiques, régies par un nouveau code électoral. Il s’agit de permettre aux Tunisiennes et aux Tunisiens de reprendre leur destinée en main, d’obtenir la satisfaction de leurs revendications sociales, économiques et politiques, de concrétiser le slogan de leur révolution « pour le travail, la liberté et la dignité ».
La FSU considère cette révolution « du jasmin » comme une véritable leçon pour tous les peuples du Maghreb, pour les peuples opprimés, et pour tous les peuples du monde.

En Algérie aussi, le peuple est descendu dans la rue, notamment la jeunesse pour protester contre le chômage, la vie chère, dans ce pays riche en hydrocarbures. Il y a eu des morts. La FSU affirme sa solidarité ; elle suivra avec attention l’évolution de ce mouvement.
Nous n’oublions pas les martyrs du régime despotique de Ben Ali, et ceux de cette révolution. La FSU exprime sa solidarité avec le peuple tunisien dans son combat pour la démocratie et pour un ordre social juste.

Pour tous, une éducation publique et laïque

Le début du quinquennat a été marqué par les déclarations de Nicolas Sarkozy à Ryad et au Latran. L’émoi qu’elles ont suscité, la réaction des défenseurs de la laïcité ont conduit le Président de la République à plus de prudence, sans pour autant renoncer à ses vues.

En effet, l’instrumentalisation faite de la laïcité pour stigmatiser une partie de la population en raison de ses origines ethniques ou de ses croyances religieuses montre que le divorce entre Nicolas Sarkozy, son gouvernement et les principes républicains de laïcité est profond.
Au delà de la confusion orchestrée et de la concurrence entre public et privé dans le domaine de l’Education et de la recherche, le favoritisme dont bénéficie l’enseignement (primaire, secondaire et supérieur) privé est devenu systématique. La prime budgétaire dont il fait l’objet est éloquente.

Le montant des dotations au privé, dont le principe est déjà contestable, ne cesse de croître avec la limitation de ses suppressions d’emploi au détriment du service public. Dans l’enseignement agricole, il conduit à limiter les capacités d’accueil et à fermer des classes dans un enseignement public déjà minoritaire. Le Sénat est même allé jusqu’à accentuer le projet de budget en ce sens en faisant porter sur l’enseignement public 250 suppressions supplémentaires que n’auront pas ainsi à subir les établissements privés.

Par touches successives, à chaque budget, l’écart entre le potentiel respectif de moyens dont disposent le public et le privé se creuse, permettant au privé de limiter les dégâts sur son offre de formation là où les conditions d’accueil dans l’enseignement public se dégradent chaque année davantage. C’est pourtant sur lui seul que repose la scolarisation de toutes et tous quels que soient les territoires.

Ces mesures aggravent les inégalités, encouragent le consumérisme en matière d’éducation et relèvent, à ce titre, du même esprit que la suppression de la carte scolaire.

Récemment, la loi « ADNOT » rend possible la délivrance de diplômes nationaux (Licence, Master) par les PRES-EPCS. Or, ces structures comprennent déjà des établissements privés ou consulaires dont des instituts confessionnels se faisant appeler « universités catholiques » dont certains présentent dans leurs offres de formation, élaborées en dehors de tout processus d’habilitation des formations publiques, des master « enseignement et éducation ».

Au-delà de la sous-traitance à l’enseignement supérieur privé de l’exécution de missions de service public, la brèche ouverte casse le principe du monopole des universités dans la collation des grades universitaires. Elle prolonge la signature des accords « Vatican » entre la France et le Saint Siège reconnaissant la valeur des titres et diplômes délivrés par « les établissements d’enseignement supérieur catholiques reconnus par le Saint-Siège ».

La FSU dénonce une politique qui non seulement remet en cause les fondements laïques de la République, mais accroît la concurrence et la marchandisation des diplômes. Elle continue d’appeler l’ensemble des organisations défendant la laïcité à construire une structure unitaire permanente permettant des actions rapides, unitaires, efficaces qui ne se limitent pas à des initiatives ponctuelles. Pour la FSU, Les enjeux autour des questions touchant à la laïcité s’inscrivent dans la défense des valeurs d’égalité, de la liberté de conscience, du refus de la xénophobie et du racisme.

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