F.S.U.

CDFN des 15 et 16 mars 2011

Texte action

par Patrick

La situation dramatique du Japon suite au séisme et au tsunami appelle la solidarité. La catastrophe nucléaire relance le débat sur les choix énergétiques.

Lors de son congrès de Lille, la FSU s’est prononcée pour « l’objectif de tendre vers la sortie du nucléaire » et pour un plan de recherche public donnant lieu à des coopérations internationales, européennes et nationales qui soient sans commune mesure avec ce qui a cours aujourd’hui.

Le CDFN demande un moratoire sur les nouveaux projets de production d’énergie nucléaire et la fermeture des réacteurs qui ont dépassé leur durée de vie. Cela suppose de donner à la recherche les moyens de travailler sur les énergies renouvelables l’efficacité et la sobriété énergétiques et s’inscrivant dans un autre type de développement. La FSU réaffirme aujourd’hui ses mandats. Elle décide de poursuivre le débat au sein de la FSU afin de mettre en œuvre et préciser ses mandats dans l’objectif d’une sortie de l’usage de l’énergie nucléaire mais aussi des énergies productrices de CO² en prenant en compte l’ensemble des résultats de la recherche. Sur cette base, elle participera aux initiatives qui seraient organisées.

Elle estime également légitime et appelle à un débat public démocratique sur les choix en matière énergétique.

De la Tunisie au Yémen, en passant par l’Egypte et l’Algérie, le mouvement de révoltes sociales et de révolutions continue de s’étendre, malgré des répressions sanglantes comme en Libye et au Yémen. Au Bahreïn, l’armée saoudienne est entrée sur le territoire, venant au secours d’un Roi débordé par la révolte populaire. Partout, les populations, et notamment les jeunes et les femmes, refusent l’injustice et exigent la liberté et la démocratie, le partage des richesses, des emplois et du pouvoir d’achat. La FSU condamne la répression et les massacres perpétrés par le dictateur Kadhafi et exprime son soutien au peuple libyen en souhaitant que toutes aides humanitaires et matériels lui soient apportées. Des mesures d’aide à l’accueil des réfugiés doivent être mises en place en Europe.

La FSU soutient les populations en lutte et notamment les jeunes et les femmes. Elle est prête à poursuivre le travail intersyndical engagé avec les organisations syndicales françaises et avec les organisations locales pour la Tunisie pour l’ensemble des pays arabes.

Cette contestation profonde des ordres établis et de la situation sociale, cette exigence de démocratisation imposera une nouvelle conception des relations internationales.

Le gouvernement français, après des hésitations liées à son attitude de complaisance avec les régimes corrompus feint de soutenir ces peuples en lutte et dans le même temps refuse d’écouter ceux qui s’expriment dans les mouvements sociaux dans notre pays…

Dans un contexte de crise économique et sociale qui perdure où les injustices sociales sont de plus en plus insupportables, le Président de la République cherche à s’abriter derrière un écran de fumée en utilisant la situation des pays arabes pour stigmatiser encore plus les immigrés et en détournant la laïcité autour de la seule question de l’islam.

Une fois de plus, la laïcité est instrumentalisée pour promouvoir des discours d’exclusion et des projets qui, en fait, vont à l’encontre des valeurs qu’elle incarne. C’est aussi une tentative pour détourner le débat national des effets catastrophiques de la politique économique et sociale menée par le gouvernement. C’est enfin derrière le "débat" sur l’Islam ou la laïcité, la promotion, par les plus hautes autorités de l’Etat, de la religion catholique, le même le fil rouge du ministère de l’immigration et de l’identité nationale, des « racines chrétiennes de la France », le tout au mépris de la Constitution et de la loi de 1905. D’une part, la FSU s’insurge contre une telle instrumentalisation politicienne et cynique, d’autre part elle rappelle son attachement au principe de laïcité et enfin elle s’oppose à toute tentative de modification de la loi de 1905. Justement, en raison de son attachement aux valeurs démocratiques et à la laïcité, et donc du rejet de toute démarche raciste et xénophobe, la FSU s’oppose à toute stigmatisation d’une partie de la population basée sur l’appartenance religieuse ou l’origine géographique. L’expression et les manifestations religieuses dans l’espace public ne peuvent être rejetées par principe dès lors qu’elles se déroulent en dehors des lieux publics où la laïcité exige une stricte neutralité, comme dans les établissements scolaires par exemple. Le gouvernement ne s’est jamais indigné des manifestations religieuses qui se déroulent régulièrement sur la voie publique à l’occasion de certaines fêtes religieuses catholiques. L’indignation de certains aujourd’hui, face à des fidèles musulmans priant dans une rue, apparaît donc plus que suspect et est manifestement guidée par d’autres considérations autre que la défense de la laïcité. Le gouvernement et toutes les collectivités territoriales doivent respecter le principe de l’absence de toute implication dans l’organisation, le fonctionnement et le financement des associations cultuelles et des religions quelles qu’elles soient. La France est une république laïque, cela signifie qu’aucune discrimination en fonction de la religion ou de l’origine ne peut être acceptée. Les références au territoire ou aux origines confessionnelles pour caractériser certain-e-s citoyenn-es francais-e-s sont inacceptables et rappellent les thématiques de l’extrême droite des années 30 et 40.

Pour la FSU, les enjeux autour des questions touchant à la laïcité s’inscrivent dans la défense des valeurs d’égalité, de la liberté de conscience, du refus de la xénophobie et du racisme.

C’est en violant certains principes de la laïcité tout en tentant de lui faire dire des choses contraires à sa nature même, qu’est ainsi menacé l’avenir d’un vivre ensemble démocratique.

Pour la FSU, l’heure est à la vigilance et à l’action avec toutes les forces syndicales et sociales. La FSU continuera de proposer, de s’associer aux mouvements et manifestations qui permettront de mettre en échec les idées racistes et xénophobes en liant le débat sur les valeurs et les actions pour satisfaire les besoins sociaux.

C’est le sens des mobilisations en cours dans la Justice, l’Education, la Santé... Ce sera aussi un enjeu des manifestations du 24 mars à Bruxelles et de l’euro manifestation du 9 avril à Budapest à l’appel de la CES contre le pacte de compétitivité et les politiques d’austérité qui sévissent en Europe.

La situation actuelle constitue un terreau pour l’extrême droite et les idées qu’elle développe. L’exigence démocratique passe par la réduction des inégalités, la lutte contre le chômage et la précarité, l’amélioration du pouvoir d’achat, l’accès de tous à la protection sociale et par une politique d’éducation et de formation ambitieuse. Il faut aujourd’hui apporter des réponses concrètes aux questions auxquelles sont confrontés les salariés, les jeunes, les chômeurs et l’ensemble des citoyens : emploi, pouvoir d’achat, protection sociale, éducation, santé, justice… Les services publics et la Fonction publique ont un rôle important à y jouer.

En France, la FSU continue de dénoncer la politique d’austérité menée par le gouvernement qui risque de compromettre la sortie de crise. Les prix augmentent et notamment ceux des loyers, le pouvoir d’achat des salariés baissent alors que les grandes entreprises et les banques ont reconstitués leurs marges et que les profits redistribués aux spéculateurs exposent. S’il est question de supprimer le bouclier fiscal, l’ISF serait réformé afin de continuer de protéger les grandes fortunes. Une réforme de la fiscalité pour davantage de justice s’impose. Il est urgent de travailler à un autre partage des richesses !

Dans la Fonction publique, la FSU demande l’arrêt des suppressions d’emploi et la création d’un collectif budgétaire pour répondre aux besoins. Elle dénonce le non remplacement d’un fonctionnaire sur deux partant à la retraite et le gel du point d’indice et la hausse des retenues pour pension entraînant une baisse du pouvoir d’achat. Elle appelle les personnels à signer massivement la pétition unitaire « Oui à l’augmentation des salaires dans la Fonction publique ». Tout comme elle appelle à assurer le succès de la pétition pour la défense du pourvoir d’achat des retraités.

A l’issue des négociations sur la situation des non titulaires, le gouvernement a adressé le 9 mars le texte du protocole d’accord aux organisations syndicales invitées à se déterminer pour le 31 mars. Afin de laisser le temps à toutes ses composantes de se mandater, la FSU prendra sa décision lors de son BDFN du 28 mars prochain. La FSU poursuit sa démarche unitaire qui a pesé positivement pendant ces négociations afin d’envisager avec ses partenaires syndicaux les possibilités d’une expression commune sur le protocole, de mobiliser et de continuer à peser ensemble.

La FSU poursuit son engagement dans le collectif des Etats Généraux du Service Public. Les batailles pour le Service public s’installent dans l’opinion. La période des élections cantonales est propice à amplifier la campagne services publics de la FSU auprès des candidats.
Les Etats Généraux des Services Publics dans lesquels est investie la FSU rentrent en résonance avec les mobilisations de Collectivités Territoriales défendant leurs services publics. Après le succès des EGSP à Orly, le 11 juin à Bagneux sera un nouveau moment fort de mobilisation avant l’automne et la perspective d’une grande journée nationale de manifestation.

Emploi

Si le Président de la République a affirmé que « la lutte contre le chômage va nous mobiliser de toutes nos forces », on ne peut que constater que le cap des 4 millions de chômeurs a été franchi. Le chômage des femmes est en progression par rapport à celui des hommes Le chômage de longue durée, signe du report des stigmates de la crise, connaît une véritable explosion (1,5 millions de personnes) ; le nombre des demandeurs d’emploi de + de 50 ans connaît lui aussi une augmentation sensible. La recette miracle proposée est un financement supplémentaire de Contrats Aidés en direction de chômeurs de longue durée et des jeunes et l’obligation pour Pôle Emploi de recevoir 670 000 chômeurs de longue durée dans les 3 mois qui suivent… La diminution du budget de Pôle Emploi et la suppression de 1800 postes sont inacceptables. Dans le même temps, le réseau des missions locales est également victime de 1000 suppressions d’emploi et l’objectif de rationalisation mettent gravement en danger la dimension sociale des missions.

Le report de deux mois de la finalisation de la négociation de la convention UNEDIC n’offre pas les bases d’une négociation à la hauteur des enjeux sociaux. Pour la FSU, il s’agit de la refonte complète des systèmes d’indemnisation, d’ouverture et d’élargissement de nouvelles conditions d’indemnisation, d’augmentation des revenus de remplacement. La négociation étant par ailleurs réservée aux 5 confédérations syndicales excluant notamment la FSU et les associations de chômeurs.

Nicolas Sarkozy, qui voudrait pouvoir afficher une baisse du chômage avant l’élection présidentielle de 2012, a réaffirmé son objectif de porter le nombre de jeunes formés en alternance de 600 000 à un million (apprentissage et contrats de professionnalisation).

Derrière un discours fallacieux sur le chômage et le problème de l’insertion professionnelle des jeunes, le gouvernement tente une fois de plus d’imposer les formations en apprentissage au détriment du service public de la formation professionnelle initiale sous statut scolaire. Les dernières études ont pourtant montré qu’il n’y avait pas d’adéquation directe entre mode de formation (scolaire, apprentissage, contrat pro,...) et insertion professionnelle des jeunes.

La FSU dénonce cette nouvelle tentative de relance de l’apprentissage à niveau V et IV et s’opposera à toute réforme de la taxe d’apprentissage qui va appauvrir voire tarir le financement des formations publiques sous statut scolaire. Elle considère que ce n’est pas l’apprentissage qui peut répondre au problème des sorties sans qualification des jeunes et réaffirme le rôle central du service public de l’éducation dans la réussite de tous les jeunes.

Concernant la mobilisation des travailleurs sans papiers, la FSU appelle à manifester le 23 mars, jour de la réunion de la commission de suivi, pour exiger du gouvernement qu’il tienne ses engagements sur leur régularisation.

Afin de traiter des questions posées au syndicalisme par l’éclatement du salariat à travers le chômage, les politiques de l’emploi, la précarité, les inégalités et le développement de la pauvreté, la FSU organise avec Solidaires un colloque le 31 mars prochain à Paris sur ces questions.

La FSU participera à la journée unitaire du 28 avril prochain organisée dans le cadre de celle de l’OIT sur les conditions de travail. Des mobilisations seront organisées dans chaque département (rassemblements, manifestations, conférence de presse…).

La campagne « le Service public, on l’aime, on le défend » que la FSU a lancée est un outil d’action important. Il fait le lien entre les questions posées aux différents secteurs publics, entre les différentes actions en cours et les campagnes des syndicats nationaux de la fédération. Il permet aux personnels comme aux usagers de dire massivement en quoi cette politique est néfaste et dangereuse pour l’avenir et d’exprimer des propositions pour développer et améliorer encore les services publics et la Fonction publique. Elle doit prendre une nouvelle dimension sur le terrain. La FSU et ses syndicats nationaux développeront et intensifieront cette campagne dans les mois à venir afin qu’un réel débat sur les services publics et la Fonction publique s’engage sur de bonnes bases et que soit portées fortement d’autres alternatives.

Droits et libertés

Le 10 mars, le Conseil constitutionnel a rejeté 13 des 142 dispositions de la loi LOPPSI 2, tant elles étaient contraires à la Constitution et au respect des droits fondamentaux. Ce sursaut tardif ne peut masquer le "bloc d’inconstitutionnalité" qui s’est accumulé au fil des lois des dernières années. Bien plus, ce rappel à l’ordre du gouvernement et de sa majorité ne peut masquer l’adoption de la grande majorité des dispositions régressives de cette nouvelle loi (peines planchers pour les primo délinquants majeurs, extension du recours aux fichiers et aux mesures de sûreté, couvre-feu préfectoral à l’encontre des mineurs, etc...). Le gouvernement persiste dans la mise en oeuvre d’une politique sécuritaire et de réduction des droits et libertés notamment à l’encontre des populations les plus pauvres et les plus fragiles. Une politique qui continue à faire des étrangers des boucs émissaires. La FSU est engagée dans les mobilisations avec le collectif "non à la politique du pilori" pour faire obstacle à la mise en oeuvre de ces politiques et obtenir des droits pour tous, fondés sur les valeurs de démocratie, d’égalité et de liberté.

Justice

Par ailleurs, la FSU dénonce les propos scandaleux du Président de la République portant une nouvelle fois atteinte à la séparation des pouvoirs, fondement de la démocratie, et mettant gravement en cause le professionnalisme des personnels de Justice (personnels du service pénitentiaire d’insertion et de probation, fonctionnaires et magistrats du TGI de Nantes...) à la suite du drame de Pornic.

La FSU soutient la mobilisation des professionnels du monde judiciaire pour dénoncer l’indigence de la Justice dans toutes ses composantes (administrative, sociale, prud’homale, civile et pénale...). Car, dans l’affaire de Pornic, ce qui est véritablement en cause, ce sont les moyens octroyés au ministère de la Justice tant au niveau budgétaire qu’en personnels titulaires qualifiés.

La FSU appelle à la réussite des mobilisations prévues pour exiger ces moyens pour accomplir toutes les missions de la Justice au sein des services judiciaires, de l’administration pénitentiaire et de la protection judiciaire de la jeunesse. La FSU prendra toute sa part dans la journée d’action et de grève ponctuée par la manifestation nationale interprofessionnelle du 29 mars à Paris.

Protection sociale/santé

Franchises médicales, déremboursements, dépassements d’honoraire, restructurations hospitalières, réforme de la dépendance, mise en cause de la sécurité sociale….remettent en cause l’accès aux soins pour des millions de citoyens. Le scandale du Médiator met en évidence la nécessité d’une autorité indépendante des lobbys pharmaceutiques. La FSU appelle le 2 avril prochain à une mobilisation pour la santé pour la défense du service public de santé dans le cadre unitaire.

Le dossier de la dépendance est, comme celui des retraites, un enjeu social qui suppose un débat large sur le partage des richesses, et non des pistes étroites, bornées par des choix idéologiques voulant soumettre la protection sociale au marché pour le plus grand profit des assurances privées. Pour la FSU, la prise en charge de la perte d’autonomie relève de la Sécurité sociale avec un financement solidaire à la hauteur des besoins et doit s’appuyer sur des personnels qualifiés et correctement rémunérés. Pour la FSU, la réflexion devrait aussi porter sur la création d’un service public qui coordonnerait l’ensemble des politiques publiques facilitant à la fois la vie des personnes âgées et celle des personnes en perte d’autonomie. La FSU participera aux débats organisés à tous les niveaux et notamment dans les régions. Elle prendra contact avec l’ensemble des organisations syndicales pour mener les actions nécessaires.

Dans les services vétérinaires du ministère de l’agriculture

Depuis plusieurs années, le ministère de l’agriculture supprime de nombreux emplois, entraînant la réduction de missions de contrôle dans les services vétérinaires : abattoir, hygiène alimentaire et santé animale.

Pour pallier le sous-effectif, le ministère envisageait de transférer une partie de ces missions de contrôle en abattoirs aux industriels eux-mêmes.

Ces auto-contrôles auraient fait courir un risque important pour la sécurité sanitaire des consommateurs (du type « vache folle »).

Pour plusieurs raisons mais notamment grâce à la mobilisation des personnels en intersyndicale (FSU, CGT, SUD, FO, UNSA, CFDT, syndicat vétérinaire) le ministère semble avoir reculé sur des expériences pilotes envisagées en Bretagne.

Le SYGMA FSU, à l’initiative de cette intersyndicale, est intervenu au Salon de l’agriculture, en distribuant des tracts autour du stand du ministère, ce qui a permis un dialogue avec les visiteurs et une prise de contact avec des professionnels (MODEF, Confédération Paysanne, FNSEA, presse, etc.). Ce qui a fortement contribué à faire reculer le ministère.

La mobilisation reste nécessaire pour obtenir les emplois nécessaires et empêcher le Ministère de l’agriculture de revenir en arrière, car ce qui est en jeu est la santé publique de tous.

Education - Recherche

En 5 ans, le gouvernement a supprimé 50 000 postes dans le service public d’éducation au nom de la RGPP. Les 16 000 suppressions supplémentaires à la rentrée 2011 auront des effets dévastateurs sur les effectifs des classes dans les écoles, collèges, lycées, la scolarisation des enfants de 2 et 3 ans, l’aide aux élèves en difficulté, l’offre d’enseignement, le fonctionnement des services, les conditions de travail de l’ensemble des personnels dans les écoles, les établissements, les services académiques… Le gouvernement sacrifie dans le même temps la formation initiale des enseignants entraînant démission et effondrement du recrutement. Les mesures imposées aux écoles ne répondent pas à l’enjeu de la démocratisation et elles continuent de peser lourdement sur les conditions d’apprentissage des élèves et de travail des enseignants. Les « réformes » imposés dans le second degré redessinent un système éducatif plus inégalitaire qui renonce à la réussite de tous les élèves, notamment de milieux populaires, met en concurrence les établissements, démantèle l’éducation prioritaire. Les universités sont confrontées à des difficultés budgétaires malgré les engagements.

C’est pour imposer d’autres choix que la FSU, après les mobilisations du 22 janvier et la grève du 10 février, appelle, avec le Collectif des 25, à la réussite de la journée de mobilisation du 19 mars prochain et qu’elle soutient toutes les initiatives de ses sections départementales et de ses syndicats nationaux qu’elles que soient les modalités retenues pour cette journée. Elle appelle les personnels à manifester massivement au côté des parents, des jeunes et de l’ensemble des citoyens.

La FSU propose une nouvelle rencontre du Collectif des 25 pour faire le bilan de cette journée et pour poursuivre les actions afin que la prochaine rentrée scolaire se fasse dans d’autres conditions.

Elle soutient les « opérations vérité », décidées par le Comité de défense et de développement de l’EAP, destinées à révéler au grand public les conséquences des politiques budgétaires dans ce secteur.

Le gouvernement veut faire de l’autonomie et du temps d’enseignement des enseignants les débats des mois à venir.

Un recentrage sur une scolarité obligatoire à 16 ans qui limite à la maîtrise du socle commun l’ambition éducative pour nombre d’élèves revient également avec les projets d’Ecole du socle. Pour la FSU elle s’oppose à l’acquisition par tous les élèves d’une réelle culture commune et à l’allongement de la scolarité obligatoire à 18 ans. Pour permettre la réussite de tous, il est urgent d’interroger les contenus et pratiques d’enseignement et d’améliorer les conditions de scolarisation et d’apprentissage au sein de la classe.

La FSU, qui demande l’abandon de la réforme de la formation des enseignants et exige une tout autre réforme pour répondre aux enjeux poursuit son travail pour élaborer des propositions communes sur la formation des enseignants et demande aux ministères de l’Education et de la recherche et du supérieur et de l’agriculture que des groupes de travail soient mis de manière urgente en place. C’est l’avenir des jeunes qui est en cause. L’action sur ce dossier avec les stagiaires, les étudiants, les formateurs, les enseignants est indispensable.

Dès à présent la FSU poursuit son engagement pour une autre politique éducative. Elle organise dans tous les départements « 500 débats pour l’Ecole » afin de débattre avec tous les personnels, parents, élus, jeunes et l’ensemble des citoyens de ses 20 propositions, et, le 11 mai prochain une initiative à Paris pour mettre en évidence ses revendications et ses propositions afin de relancer la démocratisation du système éducatif.

La FSU réfléchit à l’organisation d’une votation citoyenne pour l’Ecole.

Petite enfance

La FSU continue de soutenir la mobilisation engagée par les professionnels et les parents pour un service public de la petite enfance dans le cadre du collectif « Pas de bébé à la consigne ». Elle portera la revendication d’un plan d’urgence « en faveur de l’accueil aux modes d’accueil de la petite enfance » élaboré par le collectif.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche, catalysées par les réponses aux appels d’offre Plan Campus et Grand Emprunt, les restructurations à marche forcée (regroupements et/ou fusion d’établissements, Idex, …) se poursuivent, puisant les moyens pour les concentrer sur quelques « pôles d’"excellence ». Les universités sont confrontées à des difficultés budgétaires

Dans le même temps des audits RGPP en cours dans les organismes de recherche menacent d’externalisation ou de mutualisation avec les universités des milliers d’emplois (près de 4000 au (CNRS) dont la fonction est supposée non directement liée au « coeur de métier ».

La création de collèges universitaires coupés de la recherche, la concurrence entre établissements vont à l’opposé des attentes sociales. En licence, au contraire d’une pseudo-pluridisciplinarité ressemblant à une propédeutique, d’une professionnalisation au rabais et de stages pour tous, il faut favoriser l’accès aux études et permettre la réussite du plus grand nombre d’étudiants aux profils diversifiés nécessite au contraire de mettre en oeuvre dans les formations diverses de licence et plus généralement post-bac d’autres méthodes et contenus. Les formations doivent être validées par des diplômes nationaux reconnus dans les conventions collectives et les statuts des fonctionnaires. Il faut aussi garantir une répartition équilibrée des formations et de la recherche sur l’ensemble du territoire.

La FSU appelle à assurer le succès des listes de ses syndicats présentes dans tous les collèges de personnels aux élections au CNESER du 22 mars.

La FSU et ses syndicats concernés ont appelé les personnels sociaux et éducatifs à se mobiliser le 16 mars pour exiger la reconnaissance légitime de leurs qualifications et responsabilités. Seul le cadre A et la grille indiciaire correspondante répondent à cette revendication.

A l’appel du SNICS-FSU les infirmières de l’Education nationale seront rassemblées à nouveau le 29 mars à Paris pour exiger leur reclassement dans la catégorie A comme leurs homologues de la fonction publique hospitalière.

Culture

Le 12 septembre 2010, Nicolas Sarkozy annonçait l’implantation sur le « quadrilatère » de l’Hôtel de Soubise, site principal des Archives nationales, d’un lieu « pour réfléchir sur le temps » appelé à devenir la « Maison de l’histoire de France ».

La FSU s’oppose vigoureusement à ce projet. L’implantation sur le site des Archives nationales condamne radicalement le programme de redéploiement de cette institution essentielle aux travaux sur l’histoire nationale.

La FSU soutient le mouvement de l’intersyndicale des Archives et elle proteste vigoureusement contre le limogeage arbitraire d’Isabelle Neuschwander,

Concernant le projet, la FSU demande que la communauté scientifique, en particulier historienne, soit écoutée, et que l’histoire nationale ne soit pas construite en ce lieu sur la base régressive d’une « identité nationale » considérée sous l’angle d’un substantialisme de mauvais aloi. La FSU s’associe aux personnels du MCC et aux historiens qui dénoncent dans ce projet un arraisonnement politique inacceptable de la politique patrimoniale.

Enfin, la FSU s’oppose au désengagement de l’Etat dans le domaine des musées. Elle demande l’abandon d’un projet qui entend donner de façon toute arbitraire une même tête à neuf institutions très largement différentes dans leurs objets comme dans leurs missions. En englobant la totalité des musées nationaux encore « services à compétence nationale », cet établissement public marquera la fin de l’implication directe de l’Etat dans l’administration des musées.

G8-G20

Les derniers G8/G20 n’ont apporté aucune réponse réelle aux crises. Au contraire, ils ont d’abord cherché à relégitimer les acteurs et les mécanismes qui en sont à l’origine tout en faisant payer la note aux citoyens. La FSU est partie prenante de la coalition française et internationale qui organise les mobilisations face à ces sommets. Elle appelle notamment à participer à la manifestation du 21 mai au Havre. Elle participera au contre sommet de mai à Dijon sur l’enseignement supérieur et la recherche.

Ces contre sommets seront l’occasion de développer les convergences les plus larges pour l’accès de tous aux droits humains fondamentaux, pour un partage plus juste des richesses, pour des modes de production et de consommation qui préservent la planète et pour une démocratisation des instances de décisions internationales.

Dakar

Le bilan du FSM est contrasté. Malgré un foisonnement d’initiatives sur les migrations, les femmes, l’éducation…aucune initiative d’envergure n’a été prise. La forme n’était pas suffisamment en prise avec les mouvements de révolte des pays arabes et la situation locale du Sénégal. Il faut donc poursuivre l’engagement de la FSU en ayant pour objectif de lui redonner plus d’ancrage avec les luttes et explorer les possibilités de coopération.

Un bateau français pour Gaza

La FSU participe à la campagne « un bateau français pour Gaza » par des initiatives locales et par l’action nationale du 2 avril prochain pour dénoncer l’injustice faite à la population de Gaza et à l’ensemble de la population palestinienne et exiger la levée du blocus.

Colombie

La Colombie détient depuis quelques années le triste record de 1er pays au monde pour les assassinats d’enseignants et de syndicalistes. Durant la présidence d’Uribe, la CSI, l’ONU ont pointé cette situation en soulignant le fait que l’on se pouvait en dédouaner le gouvernement colombien. Dans ce contexte, le recrutement de l’ancien président colombien URIBE comme professeur à l’ENIM de Metz est un déni d’éthique universitaire et un affront aux forces démocratiques colombiennes, des valeurs universitaires et de celles de démocratie.

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